L'IIF a toutefois relativisé l'ampleur de la dégradation de la situation locale, estimant que les tensions politiques seraient contenues et que l'environnement politique, relativement stable, perdurerait tout au long de la période couverte par les pronostics, ce qui devrait garder les niveaux de risque, vis-à-vis du taux de change et du système bancaire, à un seuil très bas.
Dans son rapport, repris par le bulletin économique hebdomadaire de la Byblos Bank, Lebanon this Week, l'IIF a d'ailleurs dit s'attendre à ce que la croissance au Liban demeure élevée sur le moyen terme, s'appuyant pour cela sur un scénario combinant stabilité politique et progrès au niveau de certaines réformes structurelles. Le rapport a indiqué à cet égard que les secteurs de l'industrie, de l'énergie et de la construction seront les moteurs de la croissance, au niveau de la production locale, tandis que du côté des dépenses, l'investissement et les exportations de biens et de services doperont, pour leur part, l'activité économique du pays.
À ce sujet, l'IIF a estimé que la mise en œuvre du plan de réforme de l'Électricité, récemment approuvé en Conseil des ministres, devrait entraîner une hausse des investissements, tout en contribuant à tirer la croissance économique annuelle vers le haut - d'au moins deux points (en pourcentage) en moyenne - sur le moyen terme. En outre, la concrétisation du plan de réforme pourrait, toujours selon l'IIF, contrebalancer le ralentissement prévu au niveau de la consommation et soutenir un taux de croissance annuelle d'au moins 6,5 %.
Le retard dans l'adoption du budget a contribué au recul du déficit
Parallèlement, l'Institut a indiqué que la progression, forte et continue, des recettes fiscales et le retard dans l'exécution du budget 2010 devraient provoquer à la fois une contraction du déficit public et un élargissement de l'excédent primaire plus importants qu'initialement prévu.
Le rapport a noté à cet égard que le retard mis dans l'approbation du budget et le report conséquent de certaines dépenses prévues, combiné à la baisse des transferts à l'EDL, pourraient générer une hausse des dépenses publiques de moins de 10 %, contre une augmentation de 16 % prévue dans le budget 2010. L'IIF a ajouté qu'un peu moins de 40 % du total des dépenses budgétaires ont été effectuées au cours de la première moitié de l'année, étant donné que le total des dépenses a baissé de 9,7 % en comparaison avec la même période de l'an dernier. De plus, les recettes fiscales ont augmenté de 16,2 % au cours des six premiers mois de l'année, tandis que les recettes non fiscales ont progressé de 14 %, si l'on inclut les 600 millions de dollars provenant des Télécoms (qui n'ont toujours pas été transférés par le ministère).
En conséquence, le rapport a dit s'attendre à ce que le déficit fiscal global, hors subventions, s'élève à 7,5 % du PIB en 2010, contre 10,7 % du PIB selon le budget 2010, et contre 8,7 % du PIB l'an dernier. Il a également estimé l'excédent primaire à 3 % du PIB cette année, contre 0 % du PIB selon le budget 2010 et 8,7 % du PIB fin 2009. En outre, l'IIF a dit s'attendre à un recul du ratio de la dette au PIB à 136 % fin 2010, contre 146,4 % selon le budget 2010 et 150 % du PIB l'an dernier.
De l'urgence de mettre en application les réformes structurelles
Malgré le recul escompté du ratio de la dette, l'Institut a souligné que le déficit de l'État et la dette publique demeuraient les obstacles majeurs à un développement économique plus important au Liban. Le rapport a rappelé à cet égard que le service de la dette accaparait à lui seul plus de 40 % des recettes du gouvernement, rendant la position fiscale du pays vulnérable à tout incident politique ou économique, et causant de nombreuses pertes d'opportunités.
L'IIF a toutefois ajouté que les risques macroéconomiques liés au ratio de la dette, exceptionnellement élevé, étaient quelque peu allégés par le fait que les besoins de financement du gouvernement étaient soutenus par un système bancaire bénéficiant d'un excès de liquidités et hautement profitable, en plus des réserves en devises significatives de la Banque centrale.
Néanmoins, l'Institut a souligné qu'il était peu probable que la croissance économique actuelle ainsi que les taux d'intérêt globalement bas et l'abondance de liquidités au sein du système bancaire persistent à moyen terme, appelant les autorités libanaises à éviter la complaisance et à trouver un consensus autour des réformes structurelles, afin de maintenir le niveau élevé du taux de croissance tout en réduisant la dette à des seuils plus viables.


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