Suelen Rocha (à gauche) alias "la femme poire", candidate à Sao Paulo, et Renata Frisson (à droite) surnommée "la femme pastèque, candidate à Rio de Janeiro./
Misant sur leur "sex appeal", ces candidates briguent un poste de député régional ou fédéral lors des élections du 3 octobre, au cours desquelles les 135 millions d'électeurs brésiliens devront aussi élire le successeur du président Lula, les gouverneurs d'État ou les sénateurs.
Débutante en politique, Tati "Quebra-Barraco" (Tati "Casse la baraque", 30 ans), est l'une des chanteuses de funk les plus connues de Rio.
Née dans la Cité de Dieu, une favela de l'ouest de Rio, elle est devenue célèbre à cause de son tempérament explosif -qui lui a déjà valu de défrayer la chronique policière- et ses chansons à fort contenu sexuel.
Tati est candidate au poste de député fédéral pour "lutter contre les préjugés et la discrimination" sous les couleurs du petit Parti travailliste chrétien (PTC).
"Elle est très intelligente et a un tempérament fort. Elle va attirer des votes", se félicite Daniel Tourinho, président du PTC de Rio.
Veronica Costa, 36 ans, connue comme la "Mère blonde du funk" a plus d'expérience. Déjà élue au Conseil municipal de 2000 à 2008, elle brigue un poste de député dans l'État de Rio en promettant la création de centre de désintoxication pour les drogués.
Sao Paulo a aussi sa candidate funk, la sensuelle Aline Mendes Silva, 23 ans, devenue célèbre en dansant à moitié nue.
Surnommée la "Femme Poire" en raison de ses courbes, elle dit être "une personne responsable et ayant la foi" sur son site internet et affirme être une représentante "des jeunes".
Concernant sa formation, sa fiche au Tribunal supérieur électoral est plus laconique: "sait lire et écrire".
Une autre femme-fruit, Cristina Celia Antunes, alias la "Femme Melon" en raison de ses courbes plus arrondies et généreuses, tente aussi de séduire les électeurs.
Pour Alessandra Aldé, spécialiste en "médias et politiques" à l'Université de Rio, ce phénomène est courant dans les "démocraties des médias", comme le Brésil.
"Ces personnes apparaissent beaucoup dans les médias, elles ont une visibilité énorme, ce qui fait que les électeurs considèrent que leur vote est bien représenté", explique Aldé, pour qui cette tendance reflète aussi "le niveau énorme de déception envers les hommes politiques traditionnels".
Mme Aldé précise que le funk "n'est pas un mouvement politique mais un mouvement d'identification" et que cela attire bon nombre d'électeurs dont la formation politique se limite "à une forte relation avec les médias".
Dans l'État d'Espirito Santo, le Parti républicain progressiste a pour sa part jeté son dévolu sur Andreia Schwartz, 33 ans, célèbre pour avoir été au centre du scandale sexuel qui fit tomber le gouverneur de New York, Elliot Spitzer, en 2008.
Schwartz, qui a posé nue dans des revues masculines à son retour des États-Unis, promet de "promouvoir le tourisme" si elle devient député régional.

