Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah, a insisté sur la démilitarisation de tout le Liban et sur la nécessité de ne pas assurer de couverture aux Libanais qui portent encore des armes. Pour sa part, le député Élie Marouni a estimé que la proposition de démilitariser Beyrouth a permis de « prouver de nouveau que ceux qui ont des armes ne veulent pas y renoncer ou trouver une solution » à ce problème. « Beyrouth n'est pas Tel-Aviv et ne se situe pas à la frontière » avec Israël, a-t-il indiqué dans une interview à la télévision, en critiquant vivement la « contradiction » dans le discours du Hezbollah. Après avoir indiqué que « les Libanais attendent depuis quatre ans que le Hezbollah leur présente sa stratégie de défense », M. Marouni a souligné que « ce parti affirmait que ses armes étaient destinées à combattre Israël, puis les Libanais ont réalisé qu'elles existaient aussi à Beyrouth ». « Le parti de Dieu a de son côté prouvé qu'il ne veut pas renoncer à ses armes, destinées à un projet déterminé, et nous avons de notre côté démontré que celles-ci portent préjudice au Liban », a-t-il ajouté.
Le député Jamal Jarrah a, quant à lui, jugé nécessaire que les différentes parties politiques « parviennent à la conclusion selon laquelle les armes leur causent du tort » et appelé à un règlement sérieux de ce dossier.
L'ancien député Misbah Ahdab s'est dit surpris de ce que « ceux qui avaient jugé illogique l'appel à la démilitarisation du Liban-Nord réclament aujourd'hui la démilitarisation de Beyrouth ». « Il est inadmissible que le groupe qui mise sur l'édification d'un État passe d'un compromis à un autre, sachant que tous conduisent à la paralysie des institutions constitutionnelles », a-t-il dit, alors que le député Nabil Nicolas qualifiait de « creux » le slogan d'un « Beyrouth démilitarisé ». Selon lui, si les armes sont présentes en force dans la capitale, « c'est en raison de l'absence des forces de sécurité ».
M. Nicolas a aussi estimé que les affrontements de Bourj Abi Haïdar ne sont pas « la répétition de scénarios à venir ».
Son collègue Alain Aoun a considéré en revanche que le Liban « se trouve sur un volcan qui peut exploser à tout moment » et que « des affrontements similaires à ceux de Bourj Abi Haïdar peuvent se produire à n'importe quel moment ». M. Aoun, qui s'exprimait à la télévision, s'est interrogé sur les résultats de l'enquête menée à la suite des incidents de Ouyoun Orghosh, « où des armes avaient également fait leur apparition ». Il a demandé aux forces politiques de « revoir leurs positions pour réaliser à quel point elles contribuent à attiser la tension au Liban ».

