C'est dans ce contexte que l'ancien ministre Mohammad Abdel Hamid Beydoun a considéré que le pays semblait « régi par des milices engagées dans des luttes d'influence », et s'il a fortement déploré les événements de Bourj Abi Haïdar, il a aussi appelé à une « révision rigoureuse » du fonctionnement des institutions militaires, sécuritaires et judiciaires du pays.
Dans une entrevue à nowlebanon.com, M. Beydoun a estimé que la présence d'organisations armées et autres groupuscules parallèles aux institutions publiques « est très problématique », se demandant la raison pour laquelle l'État ne prenait pas les mesures qui s'imposent à l'encontre « de milices qui mettent en péril la sécurité du pays », comme cela a été fait à l'encontre « d'autres milices avec l'accord de Taëf ». Élevant le ton, il ne s'est pas seulement contenté de demander au Hezbollah « des excuses nécessaires aux Beyrouthins » - estimant que les compensations offertes par le parti de Dieu ne pouvaient effacer le traumatisme qu'ils ont vécu - mais il a encore appelé le Hezbollah à modifier sa ligne politique. Cette dernière, a poursuivi l'ancien ministre, « s'éloigne dangereusement de celle tracée par l'imam disparu Moussa Sadr ».
Le Bloc national est pour sa part monté aux créneaux, jugeant que les valeurs et les critères universels ont été « inversés » par le Hezbollah et ses alliés. Ces derniers « réprouvent la condamnation des événements de Bourj Abi Haïdar », poursuit le communiqué du BN, et « contestent toutes les démarches engagées par les responsables en faveur des citoyens lésés par les combats ». Le BN s'est étonné que de telles actions soient « critiquées » par le Hezbollah qui semble considérer toute application de la loi « comme une trahison impardonnable ».
Le mouvement du Renouveau démocratique a, de son côté, appelé les autorités à refuser toute impunité et à prendre des décisions et des mesures qu'elles « peuvent appliquer ».
Renforcer l'armée et faire en sorte qu'elle étende sa souveraineté sur l'ensemble du territoire reste « l'unique garantie de stabilité », selon M. Massoud Achkar, qui a estimé que seules « les institutions nationales devraient avoir le monopole des armes », dénonçant à ce propos l'arsenal militaire dans les camps palestiniens.
À ce sujet, le député Talal Arslan a « conseillé » à tous ceux qui demandent la démilitarisation de la capitale d'attendre la fin de l'enquête sur les incidents de Bourj Abi Haïdar, ajoutant que beaucoup seraient « surpris des résultats ».
Moins mystérieux mais tout aussi fermes, les propos du député Alaeddine Terro résumaient la position du Bloc Joumblatt en général. Le député a en effet jugé la démilitarisation de la capitale « impossible à réaliser », et s'il a fermement stigmatisé les derniers combats dans les rues de Beyrouth, il a estimé en revanche que seuls des accords et des décisions politiques pouvaient venir à bout « du chaos et de l'absence totale de contrôle » dans Beyrouth.


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