Entre deux photos de jeunes femmes peu vêtues, les lecteurs du magazine apprendront donc que l'héroïne de Gustave Flaubert (1821-1880) « est l'une des pécheresses les plus célèbres de la littérature ».
« Mais elle a d'abord été tentée », ajoute Playboy, qui voit dans la métamorphose de la petite bourgeoise normande en enthousiaste femme adultère « le scandale que peut être le simple fait d'être humain ».
Lors de la publication du roman en 1857, Flaubert avait été poursuivi pour « outrage à la morale publique et religieuse, et aux bonnes mœurs », avant d'être acquitté.
Le chapitre choisi par Playboy est celui où Emma Bovary se donne à son amant, Rodolphe, à la faveur d'une promenade à cheval.
Dans sa nouvelle traduction, qui sort aux États-Unis le 23 septembre chez Penguin Classics, Lydia Davis s'est efforcée de rester fidèle à l'original tout en évitant les tournures lourdes de certaines adaptations antérieures.
Dans un entretien accordé au Times de Londres, Mme Davis, qui est chevalier des arts et des lettres, et a été mariée au romancier Paul Auster, confie toutefois qu'elle n'aime pas Madame Bovary.
« On m'a demandé de traduire Flaubert et il est difficile de dire non à un grand livre, enfin à un soi-disant grand livre », explique-t-elle.
« Ce n'est pas un livre qui m'enthousiasme », ajoute la traductrice, qui rappelle que Flaubert « méprisait tous les personnages du livre ainsi que leur mode de vie, et avait souffert énormément en l'écrivant ». « J'aime les héroïnes qui réfléchissent et ressentent les choses. Je ne trouve Emma Bovary ni admirable ni digne d'affection. Mais c'était également le cas de Flaubert. »

