La police israélienne a déployé hier, pour la troisième semaine consécutive, des renforts à Jérusalem-Est à l’occasion de la prière du troisième vendredi du mois de jeûne du ramadan sur l’esplanade des Mosquées. Israël interdit en général aux Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza l’accès à Jérusalem-Est, annexée après sa conquête en 1967, ainsi qu’au territoire israélien, à la suite du bouclage en vigueur depuis plusieurs années. Mais certaines catégories de Palestiniens de Cisjordanie occupée ont été autorisées à se rendre sur l’esplanade à l’occasion du ramadan. Les hommes palestiniens âgés de plus de 50 ans et les femmes âgées de plus de 40 ans peuvent ainsi participer aux prières du vendredi à la mosquée al-Aqsa, à condition qu’ils disposent de permis délivrés par l’administration militaire. Ahmad Gharbli/AFP
Ces négociations porteront sur un règlement final du conflit alors que des divergences fondamentales entre Israéliens et Palestiniens ont empêché de parvenir jusqu'à ce jour à un règlement, après 17 années de pourparlers. Les désaccords portent sur tous les grands dossiers : le futur État palestinien, ses frontières et ses pouvoirs, le sort des colonies en Cisjordanie occupée, Jérusalem-Est et le règlement de la question de réfugiés palestiniens de 1948.
M. Netanyahu a commencé jeudi soir à former l'équipe de négociateurs, a annoncé un communiqué de son bureau. Elle sera dirigée par le délégué spécial du Premier ministre pour les négociations, l'avocat Yitzhak Molcho, chargé depuis quelques mois des contacts avec Washington en vue de la reprise des pourparlers. Ce proche de M. Netanyahu, habitué des missions délicates, avait été le premier des conseillers du Premier ministre à rencontrer le dirigeant historique palestinien Yasser Arafat en 1996, lors du premier mandat du leader du Likoud. Cette équipe ne comprend pas le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui ne devrait même pas se rendre à Washington le 2 septembre, selon la presse israélienne.
Parallèlement, l'émissaire américain Dennis Ross se trouvait hier à Jérusalem avec pour mission de tenter d'aplanir les différends entre Palestiniens et Israéliens sur la colonisation avant les retrouvailles du 2 septembre. M. Ross est arrivé jeudi soir en Israël et s'est entretenu avec le ministre de la Défense Ehud Barak, a annoncé le ministère. Il pourrait essayer d'arbitrer un arrangement à propos du moratoire de dix mois sur la construction dans les colonies israéliennes, qui s'achève le 26 septembre. L'idée est de mettre fin au moratoire en ce qui concerne les blocs de colonies qu'Israël compte annexer à terme, et de le prolonger de facto dans les colonies isolées où vivent des dizaines de milliers d'Israéliens. Un tel projet se heurte à l'opposition du lobby des colons et de l'aile ultra du gouvernement. Mais, compte tenu des rapports de force, M. Netanyahu devrait pouvoir l'imposer.
En revanche, l'Autorité palestinienne exige un gel de toutes les « activités de colonisation » conformément aux recommandations de la feuille de route, le dernier plan international de 2003, restées lettre morte. Elle refuse toute distinction entre blocs de colonies et colonies isolées. Après s'être résignée à participer aux négociations sans avoir obtenu les garanties qu'elle espérait sur la colonisation, elle a prévenu que sa reprise signerait l'arrêt immédiat des pourparlers.

