Rechercher
Rechercher

Liban

L’impunité et la prolifération des armes mises en cause

Les incidents sanglants de Bourj Abi Haïdar demeuraient hier au centre des prises de position dans les divers cercles politiques.
Les milieux du 14 Mars, suivis de manière implicite par les organismes économiques, ont centré leurs critiques sur l'impunité qui a sévi à la suite des incidents de Bourj Abi Haïdar, les forces de l'ordre - armée comme FSI - n'ayant jusqu'ici arrêté personne ni confisqué aucune des armes utilisées lors des affrontements entre le Hezbollah et les Ahbache.
Haussant sensiblement le ton, le Courant du futur a clairement mis en cause le laxisme des autorités sécuritaires sur le terrain et réaffirmé son intention de lutter par tous les moyens pacifiques pour obtenir le désarmement total de Beyrouth, à laquelle il a adjoint la route de l'aéroport. Cet appel a d'ailleurs été repris par les organismes économiques qui ont jugé inacceptable la prolifération des armes dans la capitale.
Du côté de l'ex-opposition, l'accent est toujours mis d'une part sur les « regrets », mais aussi sur la minimisation de l'ampleur des affrontements. Le PSNS est allé jusqu'à rendre hommage aux deux protagonistes des tueries pour la rapidité avec laquelle ils ont, selon lui, coopéré avec les autorités officielles afin de mettre un terme aux combats.
Quant à l'ancien député Nasser Kandil, il a tout simplement accusé les services de renseignements... allemands et jordaniens d'avoir préparé ces affrontements pour « nuire à la Résistance », mais sans donner plus de précisions sur ce qui l'a poussé à avancer cette accusation.
Enfin, le chef du PSP, Walid Joumblatt, s'est cantonné dans une position méticuleusement « centriste », utilisant des termes censés plaire à tout le monde à la fois.
Le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a souligné que « le plus remarquable, plus de vingt-quatre heures après les affrontements, c'est que personne n'a été arrêté alors même que des centaines d'hommes armés connus sont descendus dans les rues et sont apparus sur toutes les chaînes de télévision, qu'il y a eu quatre victimes, que la capitale a vécu dans la terreur et que la paix civile a été ébranlée ». M. Geagea a appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires pour arrêter les éléments armés ayant pris part à ces incidents, quelle que soit leur appartenance politique, « faute de quoi les autorités seraient en train d'abandonner leur rôle au profit des groupes armés qui ont fait leur apparition dans les rues de la capitale ».
L'ancien Premier ministre Sélim Hoss a annoncé, de son côté, qu'il joignait sa voix « à ceux qui réclament le désarmement total de la ville de Beyrouth ».
« Il est apparu clairement, après les incidents douloureux et catastrophiques, que la présence d'armes dans certains quartiers de Beyrouth est souvent une cause inutile de tensions et d'affrontements », a noté M. Hoss. « Le retrait des armes des rues de la capitale serait un pas dans la bonne direction en vue de protéger les citoyens innocents et de rejeter la violence injustifiée », a-t-il ajouté.
Le ministre d'État Jean Oghassabian est pour sa part revenu sur la question du rôle de l'armée et des forces de l'ordre, affirmant que « tout retour au concept de sécurité consensuelle et des comités de sécurité est inacceptable ». « Il n'y a aucun prétexte justifiant le maintien d'armes dans Beyrouth », a estimé, en outre, M. Oghassabian, notant que les incidents de Bourj Abi Haïdar ont mis en évidence « un signe de faiblesse » chez le Hezbollah.
À l'issue d'un entretien avec le mufti de la République, le député Samir Jisr a estimé que « ce qui s'est passé est la conséquence du recours aux armes et de la transgression de l'autorité légale ». Parlant des protagonistes, M. Jisr a souligné qu'ils « devraient savoir avant les autres que transgresser l'autorité légale est un interdit en soi ».
Le député FL Antoine Zahra a critiqué pour sa part la décision du ministère de la Défense, le soir des affrontements, de geler momentanément les permis de port d'arme, relevant que cette décision « ne s'est appliquée qu'à ceux qui ont des besoins de protection et qui s'arment de manière légale, alors que les éléments armés ne se soucient pas d'obtenir des permis de port d'arme ».
« Jusqu'ici, nous n'avons pas entendu parler d'un seul cas de confiscation d'une arme dans le secteur des affrontements, d‘autant que l'affaire a été réglée par la voie de la pacification menée par les protagonistes eux-mêmes », a noté M. Zahra, estimant que le principe de la démilitarisation de Beyrouth « devrait s'étendre au Liban tout entier ».

« Regrets » et hommages
Dans les rangs du 8 Mars, le député Hussein Moussaoui, du Hezbollah, a « regretté » les incidents de Bourj Abi Haïdar, affirmant leur caractère « individuel et non politique ». M. Moussaoui a, en outre, mis en garde contre « les parties lésées qui sont entrées en ligne et qui ont commencé à exploiter ce qui s'est passé en s'attaquant à la Résistance et à ses armes sous le prétexte de la désacralisation de ces armes ».
Le PSNS, qui a exprimé les mêmes « regrets » à l'égard des affrontements, a rendu hommage aux directions des formations concernées qui « se sont précipitées pour aider les autorités sécuritaires officielles à circonscrire les incidents ». Pour ce parti, ces formations ont prouvé ainsi « leur attachement à la paix civile ».
Kassem Hachem, député baassiste de Marjayoun-Hasbaya, a convenu que ce qui s'est passé à Bourj Abi Haïdar « est grave et regrettable ». Selon lui, « il faut traiter l'affaire avec sagesse afin de ne pas donner l'occasion à ceux qui, à l'intérieur comme à l'extérieur, nourrissent de mauvais desseins ».
« Certaines voix et certaines plumes qui s'efforcent d'étendre l'espace de désaccord sont plus dangereuses que quelques armes que l'on utilise dans les rues sans véritable but », a encore dit M. Hachem.
Massoud Achkar, ancien candidat aux élections législatives à Beyrouth, a mis l'accent pour sa part sur le rôle de l'armée. Il a affirmé, sans évoquer directement les incidents de Bourj Abi Haïdar, que « la troupe demeure en toutes occasions la garantie pour la sécurité et la stabilité et la colonne vertébrale de l'unité du Liban ».
Enfin, l'ex-député Émile Émile Lahoud a estimé nécessaire de « distinguer entre les armes utilisées face à Israël et celles à la disposition de la masse ». « C'est le climat politique général dans le pays qui détermine le recours aux armes », a ajouté M. Lahoud, affirmant, tout comme le PSNS, que les deux formations (le Hezbollah et les Ahbache) « ont fait preuve d'un sens des responsabilités qui a empêché l'extension de ces incidents ».
Les milieux du 14 Mars, suivis de manière implicite par les organismes économiques, ont centré leurs critiques sur l'impunité qui a sévi à la suite des incidents de Bourj Abi Haïdar, les forces de l'ordre - armée comme FSI - n'ayant jusqu'ici arrêté personne ni confisqué aucune des armes utilisées lors des affrontements entre le Hezbollah et les Ahbache.Haussant sensiblement le ton, le Courant du futur a clairement mis en cause le laxisme des autorités sécuritaires sur le terrain et réaffirmé son intention de lutter par tous les moyens pacifiques pour obtenir le désarmement total de Beyrouth, à laquelle il a adjoint la route de l'aéroport. Cet appel a d'ailleurs été repris par les organismes...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut