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Liban - Incident De Bourj Abi Haïdar

Hariri demande aux différents leaderships politiques d’assumer leurs responsabilités

Le Conseil des ministres, réuni hier au Grand Sérail, a décidé de former une commission ministérielle ad hoc chargée d'expliquer la profusion des armes de tous calibres et leur utilisation intempestive...

 « Qu’est-ce qui peut bien justifier la présence d’armes à Beyrouth ? », s’est indigné hier un Premier ministre à la mine grave...                    

C'est tout naturellement que le Conseil des ministres, réuni hier au Grand Sérail sous la présidence du Premier ministre, Saad Hariri, et en l'absence des ministres Élias Murr, Ali Chami et Ghazi Aridi, s'est penché sur les graves incidents d'avant-hier, mardi, qui ont opposé aux armes lourdes le Hezbollah et les Ahbache à Bourj Abi Haïdar, et qui ont fait trois morts et onze blessés.
« Qu'est-ce qui justifie la présence des armes dans les rues de Beyrouth ? » s'est interrogé en début de séance, très en colère, Saad Hariri. « Ce qui s'est passé n'est pas nouveau ; cela s'est déjà produit dans d'autres régions du Liban et pour d'autres raisons », a-t-il dit, jugeant « inadmissible » de tels incidents « sous quelque forme que ce soit ».
Le Premier ministre a certes appelé les forces de l'ordre à « imposer » la sécurité « rapidement et avec détermination » à Beyrouth et en régions, mais il a surtout relevé que c'est aux différentes parties politiques, en l'occurrence le Hezbollah et les Ahbache, d'assumer leur responsabilité dans la maîtrise de leur rue et des tensions de leurs partisans, et de n'assurer aucune couverture aux coupables. Saad Hariri a également évoqué la responsabilité des médias qui « devraient éviter d'exacerber les sentiments et de diffuser des informations dénuées de tout fondement et pleines de rumeurs, dont le seul effet est de décupler les craintes et les troubles ».
Dans sa déclaration à la presse à l'issue de la séance, le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, Tarek Mitri, a indiqué que plusieurs de ses collègues se sont arrêtés sur le danger du surarmement illégal et de l'utilisation aveugle de cet arsenal. Des sources bien informées ont indiqué à L'Orient-Le Jour que les ministres hezbollahis ont particulièrement insisté sur le caractère « isolé » de l'incident, répétant à plusieurs reprises qu'il n'avait aucune coloration sectaire.
Quoi qu'il en soit, le Conseil des ministres a décidé de « se saisir à pleines mains » de ce dossier. Les services militaires, sécuritaires et judiciaires ont ainsi été invités à « pleinement » remplir leur rôle et à mettre la main sur les coupables, « quels qu'ils soient et à quelque parti qu'ils appartiennent ». Une commission ministérielle, chargée de régler la profusion des armes entre les mains des citoyens sur l'ensemble du territoire libanais, « et notamment à Beyrouth », et leur utilisation « avec une facilité déconcertante », a été mise sur pied. Présidée par Saad Hariri, elle comprend les ministres de la Défense, Élias Murr, et de l'Intérieur, Ziyad Baroud, et elle a été priée de présenter rapidement ses propositions en ce sens au Conseil des ministres.
Interrogé par un journaliste sur une certaine « passivité » de l'armée qui évite de se mêler par peur de se diviser, Tarek Mitri a répondu que cela ne justifie en rien une éventuelle « dérobade » de la troupe, « qui ne s'est absolument pas dérobée » mardi. « Faire assumer aux leaderships politiques leurs responsabilités, c'est leur demander de lever toute couverture concernant les coupables. Et tant que ces leaderships assurent que l'incident de Bourj Abi Haïdar ne revêt aucune connotation politique, rien n'empêche qu'ils facilitent le travail des services sécuritaires et judiciaires », a insisté le ministre de l'Information, qui a refusé de dire s'il a été convaincu ou pas par le fait que l'incident de mardi ait été isolé.
« Nous ne sommes pas des enquêteurs. Le Conseil des ministres n'investigue pas. Ce qui nous importe, c'est comment les rues de Beyrouth se sont transformées en champ de bataille où les armes de tous les calibres ont été utilisées profusément », s'est-il encore une fois indigné.

C'est tout naturellement que le Conseil des ministres, réuni hier au Grand Sérail sous la présidence du Premier ministre, Saad Hariri, et en l'absence des ministres Élias Murr, Ali Chami et Ghazi Aridi, s'est penché sur les graves incidents d'avant-hier, mardi, qui ont opposé aux armes lourdes le Hezbollah et les Ahbache à Bourj Abi Haïdar, et qui ont fait trois morts et onze blessés.« Qu'est-ce qui justifie la présence des armes dans les rues de Beyrouth ? » s'est interrogé en début de séance, très en colère, Saad Hariri. « Ce qui s'est passé n'est pas nouveau ; cela s'est déjà produit dans d'autres régions du Liban et pour d'autres raisons », a-t-il dit, jugeant...
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