Le député Antoine Zahra, membre du bloc des Forces libanaises, a déclaré hier que si le TSL accuse Israël de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, ce sera un jour de soulagement pour tous les Libanais. Zahra a toutefois précisé qu'il ne perçoit aucune volonté d'apaisement chez le camp du 8 Mars. « Au contraire, la campagne va crescendo et les menaces s'amplifient bien plus qu'avant le sommet tripartite, a déclaré M. Zahra. La seule volonté d'accalmie vient du 14 Mars qui ne répond pas aux accusations et aux menaces. » Le député FL a encore affirmé que celui qui détenait des informations mais ne les a pas transmises au TSL ou à la justice libanaise, avant la formation du tribunal spécial, ne souhaite pas parvenir à la vérité, mais n'a réagi que lorsqu'il a commencé à se sentir menacé. « Lorsqu'on veut la vérité, a encore insisté Antoine Zahra, on aide la justice au lieu de réagir uniquement pour se défendre. »Tout en estimant qu'un changement de gouvernement est impossible, Zahra a écarté la possibilité d'un nouveau 7 Mai.
De son côté, le député Ghassan Moukheiber, membre du Bloc du changement et de la réforme, a estimé que le fait de charger le ministre de la Justice du dossier des « faux témoins » est un élément très positif. Il a rappelé que tout le monde veut la vérité et la justice. « Mais il existe une crainte de transformer la vérité pour saper la stabilité », a encore déclaré Moukheiber, qui a ajouté que la solution est de laisser le gouvernement agir avec sagesse, en assainissant le climat qui entoure le TSL et en prenant à sa charge le dossier des « faux témoins ».
Par contre, le député du Hezbollah Hussein Moussawi a déclaré au cours d'un iftar que seul Israël a intérêt à semer la discorde au Liban. Il a ajouté que le dossier des « faux témoins » est le fil qui va permettre de remonter vers les véritables assassins. Tout en estimant que le Conseil de sécurité est à la solde des États-Unis, Moussawi s'est demandé pourquoi la justice libanaise n'a pas bougé plus tôt dans le dossier des « faux témoins », ajoutant que l'objectif des rumeurs sur la teneur de l'acte d'accusation vise à ternir l'image « blanche » du Hezbollah.
Même son de cloche chez l'émir Talal Arslane qui a estimé que le fait d'écarter la piste israélienne dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri équivaut à assassiner Hariri une seconde fois. Il a aussi insisté sur la nécessité de creuser jusqu'au bout le dossier des « faux témoins » et de ne pas songer à l'enterrer, en le confiant au ministre de la Justice...
L'ancien député Oussama Saad a de son côté affirmé que le TSL a été créé pour appliquer la résolution 1559 et non pour trouver la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri, alors que, dans un communiqué publié hier, le PSNS a salué le fait de confier le dossier des « faux témoins » au ministre Najjar, estimant qu'il s'agit d'une décision nécessaire qui replace l'affaire dans un contexte juridique sain. Le PSNS a estimé que la justice libanaise a parfaitement le droit et le devoir d'interroger ces « faux témoins » pour parvenir à la vérité.

