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CD, DVD - Un Peu Plus De...

De l’autre côté du miroir

« I'm not going to apologize for having a healthy sex life. » Edie. Desperate Housewives. Elle en a du cran Edie de clamer haut et fort ce qu'elle aime. Et surtout de se permettre d'être ce qu'elle est. Personne ne devrait s'excuser. Et pourtant. On s'excuse sans cesse de beaucoup de choses. Des choses que l'on fait, que l'on dit. De ce que nous sommes. Difficile d'accepter, d'assumer. Surtout avec la société dans laquelle nous vivons. Difficile de parler sexe sans paraître vulgaire, sulfureux ou effronté. Difficile d'affirmer quoi que ce soit de légèrement « borderline » sans être taxé de dévergondé ou de déviant. Difficile de dire ce que l'on pense vraiment sans que cela soit travesti ou rapporté. Difficile d'être. Plus aisé de paraître. Alors chacun d'entre nous revêt un masque. Un masque social, un masque émotif, un masque professionnel. Peu importe tant qu'on se cache derrière une image, un reflet, un avatar. On joue. On joue la comédie, une tragédie. On enfile un costume et on s'enfouit à l'intérieur. On fuit à l'extérieur... Et ce n'est que le soir, une fois seul(e), face à soi-même, que tombe le masque. Que se passe-t-il de l'autre côté du miroir ? Personne ne le sait vraiment. Parfois le masque ne tombe pas. Il reste incrusté dans la peau. Impossible de le retirer. Il est calqué jusqu'à la moelle. Un jeu dangereux. Le nôtre. Notre propre jeu. « Je vais bien. » Enfin, je le crois. Je me conforte dans cette simulation, me réconforte car les autres vont mal et je souris. Parce que je crois que tout va bien. Comme Bree Van de Camp, cachée derrière son tailleur en tweed et ses tabliers imprimés vichy. Bree, une allumée de chez allumée, conservatrice mais adultère, coincée mais chaude comme la braise. Comme cette femme au foyer, mère de trois enfants et cougar le soir venu, mante religieuse enchaînant les toy boys sans aucune pudeur. Le masque. Convenable masque. Du supporter écolo qui se gave en cachette de hamburgers industriels au jeune homme qui n'ose pas dire à sa fiancée qu'il l'a trompée, en passant par cet employé zélé qui fait des noises à ses collègues, les masques se suivent et ne se ressemblent pas. Les masques sociaux sont supportables. Ils ne sont qu'un jeu. On sourit, on s'invite, on se parle à peine, on échange des courtoisies, on se serre la main. L'autre ne sait pas nécessairement qui on est ou ce que l'on vit. Mais veut-on qu'il le sache. Pas vraiment. On a rarement envie que notre entourage nous connaisse mieux. On préfère rester sous l'armure. Dans ce costume parfois trop grand, parfois trop étriqué, mais si pratique pour se protéger. Pour taire une maladie, une souffrance, un lourd problème de famille. Une trahison, des humiliations, notre lâcheté. On creuse profond à la pelle dans nos jardins secrets pour mieux ensevelir les vérités douloureuses. On tait derrière un sourire de façade, un air de circonstance, un regard méprisant, cette fragilité empoisonnante. On fait semblant d'aller pour le mieux quand tout est dans le pire... Les masques affectifs sont insupportables. Être dans la représentation est pénible. Parce que rien ni personne ne pourra plus décoller cette étiquette qu'est la vôtre. Le gentil garçon, la forte de caractère, le requin des finances, la boute-en-train, l'hétéro convaincu, la lesbienne du placard, la social « climber », le toxico incontrôlable, l'épouse vénale ou le père de famille exemplaire. Le tatouage est indélébile. On a beau tomber le masque, montrer son flanc, rectifier le tir, rien n'y fait, rien n'y fera. Peut-être quelques instants, quelques jours, quelques semaines, tout au plus. Et les choses reprendront leur cours. Armure blessante et destructive. Rien de protecteur... Si seulement un jour nous pouvions être nous-mêmes. L'espace de 24 heures. Sans fard ni trompe-l'œil, sans hypocrisie ni langue de bois. Juste nous-mêmes. Fleur bleue harlequinisée ou salope des quartiers rouges, solide écorce ou bois tendre, belle de jour ou garce de nuit, honnête homme ou rat mesquin, cœur aimant ou main violente, fauché de bas étage ou bourgeois constipé, esprit libre ou mari tortionnaire, « milf » ridée ou mère ado célibataire. On jouerait cartes sur table, sans censure ni comédie aucune. « Miroir, oh mon miroir, dis-moi qui est la plus belle ? »...
« I'm not going to apologize for having a healthy sex life. » Edie. Desperate Housewives. Elle en a du cran Edie de clamer haut et fort ce qu'elle aime. Et surtout de se permettre d'être ce qu'elle est. Personne ne devrait s'excuser. Et pourtant. On s'excuse sans cesse de beaucoup de choses. Des choses que l'on fait, que l'on dit. De ce que nous sommes. Difficile d'accepter, d'assumer. Surtout avec la société dans laquelle nous vivons. Difficile de parler sexe sans paraître vulgaire, sulfureux ou effronté. Difficile d'affirmer quoi que ce soit de légèrement « borderline » sans être taxé de dévergondé ou de déviant. Difficile de dire ce que l'on pense vraiment sans que cela soit travesti ou rapporté....
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