Il a constaté « un calme et plus d'objectivité » au niveau des positions du Hezbollah, après la dernière apparition télévisée de son chef. M. Majdalani a en revanche jugé qu'il « n'est pas possible de répondre favorablement à sa requête concernant la mise en place d'une commission locale d'enquête dans la mesure où toutes les données relatives aux investigations sont aux mains de la commission internationale ». Selon lui, la solution serait que le Hezbollah remette les données en sa possession à la justice libanaise qui les remettra à son tour au TSL. Celui-ci, a-t-il ajouté, reprendrait ses investigations auprès d'éléments du Hezbollah. Ces derniers seraient entendus à titre de témoins.
Les Kataëb semblent cependant moins sûrs de la volonté du parti chiite de remettre au TSL les documents pouvant incriminer Israël. Pour le député Élie Marouni, il est impératif que le secrétaire général du Hezbollah remette tous ses documents au tribunal international. Le parlementaire a aussi minimisé l'importance des données montrées par Hassan Nasrallah, en relevant qu'Israël « espionne en permanence le Liban ». Il a insisté sur le fait que les Kataëb sont directement concernés par le travail de l'instance judiciaire internationale, dans la mesure où deux de leurs cadres ont été assassinés, en allusion au ministre Pierre Gemayel et au député Antoine Ghanem.
Membre du bloc Liban d'abord, le député Khaled Zahraman a pour sa part insisté sur le fait qu'aucune partie ne peut modifier le cours pris par la juridiction internationale.
Un conflit sunnito-chiite
Dans les rangs des aounistes, le discours est différent. Le député Simon Abiramia a ainsi jugé qu'une accusation du parti de Dieu dans l'affaire Hariri a pour objectif principal de séparer la Syrie de l'Iran « à travers une tentative d'abolition de la relation stratégique entre le Liban et la Syrie ». Il a fait remarquer que le Hezbollah pense en outre que « tout acte d'accusation qui accuserait un chiite d'avoir assassiné un dirigeant sunnite, en particulier Rafic Hariri, provoquera un conflit chiito-sunnite qui risque de durer 100 ans ». Il a qualifié d'« illogique » une éventuelle accusation de « membres indisciplinés » du parti. « L'attentat perpétré est énorme. Si un élément du parti est jugé comme étant impliqué, c'est tout le commandement qui en sera accusé », a-t-il dit.
Quant aux responsables et aux cadres du Hezbollah, ils continuent de mettre l'accent sur la nécessité de juger en priorité les faux témoins. C'est le discours que les députés de Baalbeck, réunis hier en la résidence du ministre Hussein Hajj Hassan, ont tenu. Dans leur communiqué, les parlementaires ont jugé primordial d'« assurer un suivi scientifique et objectif » des données présentées par Hassan Nasrallah, soulignant l'attachement du Hezbollah à la sécurité du Liban et à l'unité des Libanais. Ils ont estimé tout aussi primordial de juger les faux témoins et de « les considérer comme étant des agents israéliens ».


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