Bordeaux lanterne rouge de Ligue 1 après deux journées, Jean Tigana rêvait de mieux pour son retour sur les terrains de France, mais le nouvel entraîneur girondin est contraint d’assumer le poids de l’héritage. Régis Duvignau/Reuters
Le costume de pompier semble bien trop grand pour « l'ami Jeannot ». Après trois ans éloigné des terrains, l'ancien milieu de terrain a avoué dimanche avoir « rêvé mieux pour (son) retour à Bordeaux. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit à ce point-là ».
Constat sans appel pour un homme qui a réussi partout où il a entraîné, a tenu deux ans dans la pression stambouliote (à Besiktas), qui s'est un brin dédouané dimanche en rappelant qu'il « récupère l'héritage des six derniers mois ».
Certes, Tigana n'est là que depuis deux mois, la L1 n'a repris que depuis huit jours, mais on peut d'ores et déjà s'interroger sur ses capacités à changer psychologiquement un groupe... qui n'a pas changé (un départ, deux arrivées).
Mêmes maux, même niveau, même Bordeaux que sous la fin de l'ère Laurent Blanc, incapable en son temps de circonscrire l'incendie qui a ravagé un édifice euphorique devenu pathétique.
Les Girondins ont beau parlé de nouveau cycle, de nouveau souffle, le scénario demeure répétitif avec des joueurs en perte totale de confiance qui « n'arrivent pas à se libérer, constate le technicien. On mange notre pain noir ».
Manque flagrant de percussion, d'engagement et d'agressivité, un jeu stéréotypé parfaitement maîtrisé par la concurrence qui, en s'adaptant, a rendu la mécanique bordelaise atone.
« Physique, mental, un peu tout »
« Plus que le score et l'absence de points, ce qui m'a dérangé, c'est la façon dont on joue, a insisté le président Jean-Louis Triaud. Ça ne me plaît pas. Il va falloir réagir vite. Depuis six mois, on prend des "tôles", c'est qu'on n'est pas aussi bon que ça. Pas assez pour dominer nos adversaires. »
Contre Toulouse, Bordeaux a d'abord été hors sujet puis s'est repris pendant vingt minutes, le temps d'égaliser par Jaroslav Plasil, de prouver qu'il avait certaines qualités, avant de retomber dans ses travers. Comme au printemps.
« On peut dire que c'est physique, mental, c'est peut-être un peu tout », confirme le milieu tchèque, seule satisfaction offensive dimanche. Des mots qui reviennent en boomerang, copier-coller des analyses de Blanc du printemps dernier.
Pour trouver la parade, Tigana a rappelé qu'il n'était pas « un entraîneur figé, je m'adapte à la situation ». Après le 4-4-2 losange labellisé Blanc à Montpellier, le 4-2-3-1 « européen » qui a débuté contre Toulouse avant de terminer en 4-3-3 à la Lyonnaise, que nous réserve l'ancien international dimanche au Parc des Princes lors du choc de la 3e journée ?
Osera-t-il mettre ses cadres de côté, Yoann Gourcuff ou Wendel en tête, en manque de jus, lancer des jeunes comme Floyd Ayité, séduisant en préparation ?
« Ce sont quelques nuits sans sommeil pour trouver la solution », reconnaît l'intéressé, visiblement désabusé.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve