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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Zardari se rend pour la première fois dans les zones affectées

Alors que les eaux commencent à baisser, l'ONU appelle à l'aide.

Dans la province du Sind, un villageois tente de sauver ses ânes dans les rues de Karampur sous les eaux.Akhtar Soomro/Reuters

Vivement critiqué pour son absence durant les inondations, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s'est rendu hier dans les zones affectées et a rencontré des sinistrés, a indiqué un responsable gouvernemental. Le président a visité la ville de Sukkur, près des zones les plus touchées par les inondations, dans la province du Sind (Sud), a confirmé la présidence. Déjà relativement impopulaire, M. Zardari s'est attiré la colère de ses adversaires en quittant le Pakistan pour Paris et Londres après le début des inondations, il y a deux semaines. Le président pakistanais avait défendu mercredi sa décision de se rendre à l'étranger, affirmant qu'il avait ainsi contribué à attirer l'attention internationale sur le sort des victimes. Il a affirmé avoir mis ce voyage à profit pour mobiliser une aide internationale financière, technique et alimentaire.
Hier, les eaux commençaient à refluer, laissant des millions de personnes démunies après avoir fui leurs villages et leurs terres ravagés par les flots. Si les alertes aux inondations sont toujours en vigueur jusqu'à aujourd'hui dans certaines régions du Sind (Sud) et du Pendjab (centre), les météorologues prédisent désormais des pluies plus éparses.
L'attention se porte désormais sur les quelque 14 millions de personnes affectées à des degrés divers, selon le gouvernement, par les pires inondations que le pays ait connues depuis 80 ans. Beaucoup ont été jetées sur les routes, rejoignant en partie des camps de fortune, souvent privées de nourriture et où elles font face à une chaleur insupportable. « Nous estimons qu'au moins deux millions de personnes ont besoin d'un abri, et nous en avons déjà fourni à un quart d'entre eux », a souligné Maurizio Giuliano, porte-parole du Bureau de coordination de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha). « Les livraisons de tentes et d'autres matériels de logement ont commencé dans le Pendjab, et nous nous préparons à le faire dans le Sind », a-t-il ajouté.
L'ONU a lancé mercredi un appel de fonds de 460 millions de dollars pour apporter une aide d'urgence aux victimes, notamment six millions de personnes « qui ont besoin d'une assistance humanitaire immédiate ». « La réponse de la communauté internationale a été jusqu'ici encourageante. Il est essentiel que cela continue », a déclaré le patron de l'Ocha, John Holmes, en lançant cet appel. L'ONU estime le nombre des morts à 1 600 et le gouvernement pakistanais a confirmé 1 243 décès. Mais « ne vous y trompez pas, c'est une catastrophe majeure », car si ces chiffres sont relativement bas comparés à ceux d'autres grandes catastrophes naturelles, le nombre des personnes affectées est « extraordinairement élevé », a souligné M. Holmes. « Si nous n'agissons pas suffisamment vite, beaucoup de personnes pourraient mourir de maladies ou de famine », a-t-il averti. Selon l'ONU, les gigantesques inondations qui frappent le Pakistan, en raison d'une mousson exceptionnellement violente, constituent un désastre de plus grande ampleur en termes de logistique humaine que le tsunami dévastateur de décembre 2004 dans l'océan Indien, qui avait fait près de 220 000 morts.
Les États-Unis ont annoncé de leur côté de nouvelles mesures d'aide au Pakistan, allié-clé dans la « guerre contre le terrorisme » qu'ils mènent dans la région depuis la fin 2001, lorsqu'ils ont, avec leurs alliés occidentaux, chassé les talibans du pouvoir en Afghanistan. Washington a déployé au large du Pakistan un porte-hélicoptères qui permettra de multiplier par trois le nombre d'appareils participant aux secours, a indiqué le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. L'émissaire américain au Pakistan et en Afghanistan, Richard Holbrooke, a lui aussi qualifié ces inondations de catastrophe majeure, craignant notamment la propagation de maladies parmi les sinistrés.
Vivement critiqué pour son absence durant les inondations, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s'est rendu hier dans les zones affectées et a rencontré des sinistrés, a indiqué un responsable gouvernemental. Le président a visité la ville de Sukkur, près des zones les plus touchées par les inondations, dans la province du Sind (Sud), a confirmé la présidence. Déjà relativement impopulaire, M. Zardari s'est attiré la colère de ses adversaires en quittant le Pakistan pour Paris et Londres après le début des inondations, il y a deux semaines. Le président pakistanais avait défendu mercredi sa décision de se rendre à l'étranger, affirmant qu'il avait ainsi contribué...
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