Alors que l'armée américaine doit achever son retrait total d'Irak fin 2011, le chef de l'état-major irakien a averti, hier, que ses forces ne seront pas en mesure d'assurer pleinement la sécurité du pays avant 2020.
OLJ /
le 12 août 2010 à 23h35
Des soldats américains entraînent leurs homologues irakiens. Dans les années 80, alors que les pays occidentaux armaient un Irak en guerre contre l’Iran, l’armée irakienne était considérée comme l’une des plus fortes du Moyen-Orient. Thaier al-Sudani/Reuters
Le chef de l'état-major irakien a averti hier que le retrait total de l'armée américaine fin 2011 était prématuré. « À ce stade, le retrait (américain) se passe très bien, car les Américains sont toujours là, mais le problème sera différent après 2011 », a déclaré à l'AFP le général Babaker Zebari, en marge d'une conférence au ministère de la Défense à Bagdad sur l'état de préparation de l'armée. « Les hommes politiques doivent trouver des moyens de combler le vide après 2011 parce que la formation de l'armée ne sera terminée qu'en 2020 », a estimé le général Zebari. « S'ils me posent la question du retrait, je répondrai aux hommes politiques que l'armée américaine doit rester jusqu'à ce que l'armée irakienne soit prête en 2020 », a-t-il encore dit. C'est la première fois qu'un chef de l'armée irakienne demande aux Américains de rester au-delà de la date convenue entre Washington et Bagdad. De leur côté, les dirigeants américains ont toujours affirmé que les États-Unis respecteraient le calendrier de retrait graduel fixé par Barack Obama. Hier, à l'issue d'une réunion entre M. Obama et de hauts responsables, civils et militaires, sur la situation en Irak, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a déclaré que l'armée américaine est « dans les temps » pour mettre un terme à sa mission de combat à la fin du mois. Les déclarations du général Zebari reflètent l'inquiétude de la hiérarchie militaire face à l'insécurité persistante en Irak. Cette précarité a encore été illustrée hier. Huit militaires irakiens ont en effet été tués dans deux explosions à l'intérieur et dans le jardin d'une maison occupée par des insurgés après l'attaque du point de contrôle de l'armée d'as-Saadiya, à 100 km au nord-est de Bagdad. L'armée irakienne fut considérée comme l'une des plus fortes du Moyen-Orient dans les années 1980, quand les pays occidentaux armaient un Irak en guerre contre son voisin iranien. Mais sa puissance de feu a été considérablement amoindrie pendant la décennie qui a suivi, du fait de la guerre du Golfe, du désarmement qui lui a été imposé à la suite de ce conflit et des sanctions internationales. L'ancienne armée irakienne, qui était forte de 450 000 militaires en 2003, fut dissoute par le proconsul américain Paul Bremer peu après la chute de Saddam Hussein cette même année. À l'époque, le responsable américain estimait qu'une armée irakienne de 40 000 hommes serait largement suffisante.
Le chef de l'état-major irakien a averti hier que le retrait total de l'armée américaine fin 2011 était prématuré. « À ce stade, le retrait (américain) se passe très bien, car les Américains sont toujours là, mais le problème sera différent après 2011 », a déclaré à l'AFP le général Babaker Zebari, en marge d'une conférence au ministère de la Défense à Bagdad sur l'état de préparation de l'armée. « Les hommes politiques doivent trouver des moyens de combler le vide après 2011 parce que la formation de l'armée ne sera terminée qu'en 2020 », a estimé le général Zebari....
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