La croissance du deuxième trimestre sera, sans aucun doute, révisée fin août à la baisse.
Dans l'immédiat, les analystes s'inquiétaient de l'effet mathématique sur la croissance du deuxième trimestre qui, sans aucun doute, sera révisée fin août à la baisse. La première estimation, publiée fin juillet, la situait à 2,4 % en rythme annuel. Certains sombraient dans le pessimisme. Pour Peter Newland, de Barclays, cette croissance « se dirige désormais vers les 0,3 % », tandis que d'après Nigel Gault, d'IHS Global Insight, elle devrait être « de seulement 1,2 % ». D'autres relativisaient. Jeffrey Rosen, de Briefing.com, voyait dans les chiffres de juin « plus une anomalie qu'une tendance durable », en relevant entre autres un pic dans les importations d'or et de pierres précieuses.
Le déficit commercial, ce traditionnel péché des États-Unis, se creuse pourtant depuis le printemps 2009 sans que rien ne puisse l'entraver. Après son gonflement de 83 % en un an, le record établi en janvier 2006 (66,9 milliards de dollars) semble à portée. « Les tendances se sont clairement orientées vers une aggravation du problème des déséquilibres mondiaux à long terme, qui avait été mis à l'arrière-plan durant la grande récession et ses suites immédiates », a expliqué M. Cornell. Difficile aujourd'hui d'occulter la montée constante du déficit commercial avec la Chine. Il est au plus haut depuis octobre 2008 également, à 26,2 milliards de dollars. Et il n'est pas éloigné des 28,7 milliards de dollars d'excédent commercial annoncés par Pékin pour juillet, une statistique qui a provoqué un certain malaise à Washington. « Ces chiffres montrent le peu de raisons qu'a la Chine de mettre fin à la manipulation de sa monnaie, à moins qu'on ne l'y oblige », avait réagi le sénateur républicain Charles Schumer, partisan de sanctions commerciales contre le deuxième partenaire commercial des États-Unis.
L'ambition du président Barack Obama de doubler les exportations américaines entre 2009 et 2014, par exemple vers une Chine qui tire la croissance mondiale, paraît aujourd'hui moins bien engagée qu'il y a quelques mois. Dans le détail des exportations de juin, « les baisses les plus démoralisantes concernent les biens d'équipement et les fournitures et matériaux industriels, ce qui montre un affaiblissement de la reprise mondiale vu que l'investissement fléchit », a souligné M. Cornell. Le cycle vertueux de la reprise de la consommation américaine alimentant la demande des émergents, et en retour les exportations américaines, paraît s'être essoufflé. « Ces statistiques prouvent qu'une part considérable du décollage de certaines économies était due à une hausse de la demande américaine qui ne paraît désormais pas viable », a commenté Steven Ricchiuto, de Mizuho Securities.

