M. Aridi en conversation avec l’ambassadeur d’Arabie saoudite. Photos Dalati et Nohra
Après avoir réaffirmé l'engagement du parti auquel il appartient en faveur de la consolidation de l'unité nationale dans la Montagne, M. Aridi a indiqué qu'il reste encore beaucoup à faire à ce niveau, avant de s'étendre longuement, tout de suite après, sur les causes qui ont poussé M. Joumblatt à changer de camp.
« Nombreux sont ceux qui au sein et en dehors du parti se demandent ce que fait Walid Joumblatt et s'il est normal qu'il change de temps en temps de discours, et d'autres se plaisent à le traiter de versatile. » Le ton est ainsi donné. M. Aridi a ensuite affirmé que « le chef du PSP effectue actuellement ce que le devoir national lui dicte pour protéger le pays. Il n'y a rien de plus facile que de se tenir sur une tribune, de tenir des discours belliqueux et provocateurs, ou de s'enfermer dans une obstination arrogante sans tenir compte des changements alentour », a-t-il déclaré avant de souligner sa confiance absolue dans M. Joumblatt et de relever que « beacoup défendent aujourd'hui des idées qu'il développait et qui étaient jugées étranges à l'époque, telles que la réalisation d'une réconciliation authentique ou la nécessité de sumonter les blessures du passé ».
Après avoir observé qu'à tour de rôle, les deux camps politiques adverses libanais « ont loué le courage de Walid Joumblatt pour ses positions avant-gardistes », le ministre a indiqué que « ceux qui l'ont admiré pour cela et parce qu'il a effectué une autocritique de son parcours devraient suivre ses traces et reconnaître en public leurs erreurs ». Selon lui, si toutes les forces en présence en faisaient autant, elles pourraient ainsi se retrouver autour d'une base commune.
M. Aridi a ensuite souligné à quel point la situation est délicate sur le plan intérieur et en raison des menaces permanentes israéliennes contre le Liban. À ses yeux, « le seul moyen de se prémunir de tout danger consiste à adopter une position politique nationale commune qui constituera un plafond à ne pas dépasser quels que soient les conflits politiques ».
Le danger communautaire
Un autre point sur lequel le ministre s'est arrêté et qui explique, selon lui, le revirement de M. Walid Joumblatt : le danger communautaire. Le qualifiant d'« extrêmement grave », il a estimé qu'il n'est pas question d'attendre qu'il se manifeste ou d'agir comme s'il était inéluctable, et que « le meilleur moyen de l'éviter est de s'aligner sur la politique du chef du PSP ». « Telles sont les bases de nos positions politiques. Si nous restons prisonniers d'une époque sombre, de rancunes et de blessures, nous ne serons pas en mesure de procéder à des analyses politiques sages ou d'adopter des positions politiques fortes. Tel est un des aspects du courage qui se reflète dans les analyses et les positions politiques du leader » druze, a observé M. Aridi, en soulignant qu' « il n'est pas honteux qu'un responsable politique fasse une révision de sa politique et engage une nouvelle réflexion ». « Kamal Joumblatt disait qu'un homme politique devait prendre conscience du moment opportun pour avancer ou reculer, pour faire la trêve ou attaquer, et pour évaluer tous les facteurs politiques afin que sa position se fonde sur des bases solides », a-t-il dit, en faisant remarquer que c'est ce conseil que le chef du PSP est en train de suivre.
Par ailleurs, M. Joumblatt a reçu respectivement les ambassaders d'Arabie saoudite, Ali Awad Assiri, du Koweït, Abdallah Kanahi, de Chine, Liu Zhiming, ainsi qu'un responsable de l'ambassade du Canada, avec qui il a eu des entretiens portant sur les relations bilatérales, la situation dans le pays et la conjoncture régionale.


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