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Moyen Orient et Monde - Reportage

Une exposition d’arts anti-Lieberman soulève la polémique

Cochon, diable... le ministre israélien des Affaires étrangères est représenté de différentes façons.

Si vous le placez dans le contexte de l’exposition, il ne fait pas de doute que Lieberman est un porc, explique l’artiste israélienne Zoya Cherkassky, 33 ans. Yehuda Raizner/AFP

Une statuette de cochon représentant le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman accueille le visiteur : une exposition d'arts stigmatisant le ministre ultranationaliste a provoqué la polémique en Israël, avant même son ouverture jeudi à Tel-Aviv, rapporte Patrick Moser de l'AFP. L'exposition présente notamment des photos retouchées, transformant le ministre en diable les yeux injectés de sang, ou encore un cochon représentant, selon son auteur, le ministre.
L'association Forum légal pour la terre d'Israël, une association de défense de la colonisation juive en Cisjordanie, a demandé par lettre au ministère de l'Éducation et aux organisateurs de fermer l'exposition car elle tombe sous le coup de la loi interdisant la « diffamation et l'incitation à la haine », selon un de ses membres l'avocat Adrian Aggasy. « On dépeint Lieberman comme un néonazi, ce qui est ridicule dans un État juif. Tout cela est vraiment écœurant », déplore Me Aggasy. Il s'indigne en outre de ce que les cartons d'invitation au vernissage, portant le prénom russe du ministre « Evet » - titre de l'exposition -, aient été écrits en lettres gothiques (allemandes), en allusion au IIIe Reich.
« Je voulais tout simplement transmettre un message clair. Si vous le placez dans le contexte de l'exposition, il ne fait pas de doute que Lieberman est un porc », explique l'artiste israélienne Zoya Cherkassky, 33 ans. Pour la conservatrice de l'exposition, Doreet Levitte Harten, les protestations du Forum légal sont « ridicules » mais elle convient que l'exposition n'a pas un but strictement artistique. « Il s'agit d'un mélange d'art et de politique. C'est Lieberman qui attire la foudre sur lui par son idéologie (...) Je ne crains pas de dire que ce sont ses idées fascisantes qui font peur », dit-elle. Un autre artiste, Uri Katzenstein, a présenté un gadget constitué de trois tournevis électriques, actionnant des tiges de fer, tournant de façon erratique. « C'est un mécanisme qui échappe à tout contrôle comme Liebermann » explique-t-il.
Pour un visiteur, Ain Nit zani, 64 ans, portant sur son tee-shirt jaune l'inscription « Est-ce de l'art ou de l'extrême gauche? », l'exposition « relève tout bonnement de l'antisémitisme ». « C'est évident que la littérature et l'art sont sous la coupe de la gauche » dans le pays, peste ce retraité.
Avigdor Lieberman, un leader populiste originaire d'ex-URSS, s'est taillé une réputation d'« homme fort » prêt à expulser les Arabes qui ne prêteraient pas allégeance à Israël. Dénoncé comme « fasciste » et « raciste » par ses détracteurs, il a été surnommé tantôt « Tsar », tantôt « Raspoutine » ou « KGB » dans les journaux. Cela n'a nullement nui à sa popularité d'un homme qui se présente comme victime de la vindicte des élites, particulièrement auprès du million de nouveaux immigrants arrivés en Israël d'ex-URSS, en deux décennies. Son parti Israël Beiteinou a obtenu 15 sièges sur 120 aux législatives de 2009, devenant par son importance le troisième parti d'Israël.
Une statuette de cochon représentant le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman accueille le visiteur : une exposition d'arts stigmatisant le ministre ultranationaliste a provoqué la polémique en Israël, avant même son ouverture jeudi à Tel-Aviv, rapporte Patrick Moser de l'AFP. L'exposition présente notamment des photos retouchées, transformant le ministre en diable les yeux injectés de sang, ou encore un cochon représentant, selon son auteur, le ministre.L'association Forum légal pour la terre d'Israël, une association de défense de la colonisation juive en Cisjordanie, a demandé par lettre au ministère de l'Éducation et aux organisateurs de fermer l'exposition car elle tombe sous le coup de la loi...
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