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Culture

Ne dites plus GPS, dites géonavigateur

Web Culture La langue française est-elle réellement menacée par ces mots venus de l'étranger, notamment ces termes techniques issus de l'anglo-américain qui se répandent et s'imposent avec les nouvelles technologies ?
05/08/2010
Question aussi délicate que difficile, dont on n'a nullement l'intention de débattre ici car les idéologies et les politiques entrent vite dans les enjeux.
Faut-il persister à parler de connexion « wireless » à Internet, de musique « podcastée » sur le iPod, de technologie « Bluetooth », de « talkshows », d'émissions en « prime time », de résultats de « gender studies » ? De système « GPS » ? Existe-t-il un équivalent en français ? Le cas échéant, faut-il l'inventer ?
Il existe au sein du ministère français de la Culture une Délégation générale à la langue française et aux langues de France, chargée de réfléchir à ces questions-là. « Pour demeurer vivante, une langue doit être en mesure d'exprimer le monde moderne dans toute sa diversité et sa complexité. » Partant de ce principe, un site Internet, dont les missions sont aussi bien d'assurer la diffusion du français que de combler les lacunes de vocabulaire, est accessible à l'adresse : www.franceterme.culture.fr
L'idée de ce site est, d'une part, « d'être un écho de la vitalité et de l'inventivité du français » et, d'autre part, « de contribuer à l'enrichissement de la langue, en proposant des équivalents pour les termes étrangers ».
Le projet est intéressant car, précisément, il prend acte de l'évolution de la langue et ne cherche pas à faire du français une entité figée, qu'il faudrait défendre coûte que coûte contre toute invasion. « Trouver des mots nouveaux pour éviter que le monde, l'économie, les rapports sociaux, la vie culturelle ne s'interprètent qu'au prisme de termes issus de l'anglo-américain et d'une certaine vision du monde qu'ils véhiculent inévitablement, c'est faire preuve d'une saine résistance », affirme Franceterme.
Des questions subsistent toutefois. Jusqu'où faut-il pousser cette recherche de mots équivalents, notamment lorsque certains termes étrangers sont déjà passés dans l'usage courant ? Faut-il s'obstiner à écrire des « courriels » alors que tout le monde consulte sa boîte mail ? Faut-il parler de « baladeur numérique » ou écouter son « iPod » ?
Et surtout, devant l'ampleur du phénomène, dans quelle mesure ce type d'initiative peut-il avoir une réelle efficacité ? Surtout dans les pays déjà envahis pas la terminologie anglo-saxonne tel que le nôtre.
Voilà donc un site qui mérite le détour. Pour la curiosité. Ou pour la défense de la langue de Molière. Ou encore pour faire le malin dans les dîners en lançant avec un petit air malin : « Avec mon géonavigateur, j'ai évité tous les embouteillages. » Ou bien « un arroseur (spammer) a débordé ma boîte de messagerie électronique ». Ou encore « les œuvres en devenir (work in progress) de cet artiste sont exposées dans son espace expérimental (project room) ».
Quoi qu'il en soit, ce site mérite bien une place dans vos bookmarks. Euh... pardon, dans vos marque-pages.

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