Le gardien lyonnais Hugo Lloris félicite son coéquipier Jérémy Toulalan lors d’un match de Ligue 1 l’an passé. Après deux années sans titre, l’Olympique lyonnais a faim de titres, même en période d’austérité budgétaire. Stéphane Mahé/Reuters
À l'agonie à la trêve hivernale de 2009 avec une sixième place en L1, à 13 points du leader, Lyon a ensuite chassé une partie de ses doutes et sauvé sa saison en prenant finalement la deuxième place qualificative pour sa 11e Ligue des champions consécutive.
Ainsi, après deux années « sans », dans la foulée des sept titres consécutifs (2002-2008), les objectifs s'énoncent clairement.
« Ce sont toujours les mêmes. Aller chercher le titre qui nous fuit depuis deux ans et en Ligue des champions, nous verrons jusqu'où nous pourrons aller », dit Claude Puel, l'entraîneur.
Le gardien de but, Hugo Lloris, confirme cet appétit aiguisé.
« J'ai faim de titres. Cela me manque. La saison dernière, j'ai pris mon pied malgré tout, mais l'OL doit gagner des trophées, donner du plaisir aux supporters, c'est ce qui importe », dit le gardien des Bleus.
Le président Jean-Michel Aulas assure de son côté que tout sera fait pour mettre sur pied une formation revancharde.
« Premier de la classe »
« Nous allons construire une équipe pour gagner le titre. Nous serons à la hauteur. Nous allons tout faire pour redevenir le premier de la classe », affirme-t-il.
Mais cette construction se fait lentement, avec à moins d'une semaine de la reprise du championnat face à Monaco à domicile une seule recrue - Jimmy Briand - pour six départs - Sidney Govou, Jean-Alain Boumsong, Mathieu Bodmer, François Clerc, Frédéric Piquionne et John Mensah.
Aulas avait d'ailleurs prévenu dès début juin que l'austérité allait dominer dans la campagne de recrutement où l'objectif est de ne conserver que 25 professionnels.
« Nous avons une masse salariale autour de 60 millions d'euros. Nous avons perdu le droit à l'image collective (DIC) représentant sept millions d'euros et il faudra être opérationnel lors du lancement du prochain fair-play financier de l'UEFA », avait-il dit.
« C'est pour cela que nous n'entendons pas investir plus de 25 millions d'euros. Avec la crise économique traversée par l'Europe, il faut d'abord se stabiliser. »
Deux mois après cette annonce, tout se confirme avec la seule venue pour six millions d'euros de Jimmy Briand, qui a fait jouer sa clause de sortie à Rennes. Il va remplacer Sidney Govou, le dernier Lyonnais à avoir gagné les sept titres consécutifs.
« Ce qu'il a fait est incroyable et je ne peux qu'être admiratif », explique le néo-Lyonnais.
« Mais je ne viens pas pour le remplacer. Je viens pour écrire ma propre histoire. Ce qu'il a fait, c'est trop grand pour moi. Je viens pour vivre de grandes choses. »
Régime minceur
L'opération baisse de la masse salariale a débuté avec les départs de Govou, parti libre au Panathinaïkos, de Clerc, qui reste à la recherche d'un club, et de Boumsong, transféré pour 500 000 euros au Panathinaïkos. Ce dernier fait ainsi économiser près de 2,5 millions d'euros à son club, soit sa dernière année de contrat.
Bodmer a, lui, changé d'air pour trouver celui du Paris-Saint-Germain. Son transfert a rapporté 2,5 millions d'euros tandis que Piquionne, prêté l'an passé à Portsmouth, a été définitivement transféré à West Ham pour 1,2 million d'euros. Quant à Mensah, prêté l'an passé, il devrait prolonger son séjour à Sunderland.
Cette opération « régime minceur » pourrait se poursuivre puisque si un club met des liquidités sur la table, Bafétimbi Gomis, qui a refusé un transfert en Turquie, Kleber Anderson, Ederson, voire Kim Källström et Jean II Makoun pourraient également aller voir ailleurs.
« Nous avons des bases solides et nous allons essayer de l'améliorer. Nous ne cachons pas que nous avons la volonté de le faire au milieu de terrain avec l'apport de plus de technique », dit Puel.
Ce volet technique pourrait s'appeler Yoann Gourcuff (Bordeaux), ou encore Hernanes (Brésil, São Paulo) ou Ganso (Brésil, Santos) tandis que Jérémy Toulalan évoluerait, lui, en défense centrale aux côtés de Cris en attendant, peut-être, l'arrivée d'Adil Rami (Lille).

