Gianfranco Fini avait fondé en mars 2009, avec Silvio Berlusconi, le parti Peuple de la liberté (PDL), la grande formation de droite. Tiziana Fabi/AFP
Des mois de tensions
Jeudi soir, après des mois de tensions croissantes entre les deux alliés, M. Berlusconi avait pressé M. Fini de quitter la présidence de l'Assemblée, jugeant ses positions « incompatibles » avec celles de son parti. « Évidemment, je ne donnerai pas ma démission car chacun sait que le président doit garantir le respect de la Constitution et la conduite impartiale de l'activité de la Chambre, et pas seulement celle de la majorité qui l'a élu », a rétorqué M. Fini. « Soutenir le contraire démontre une logique d'entreprise, comme (le ferait) un PDG, ce qui n'a rien à voir avec nos institutions », a-t-il poursuivi, se posant en garant de « la légalité ». « Légalité au sens plein du terme, c'est-à-dire lutte contre la criminalité comme le fait avec mérite le gouvernement, mais aussi légalité comprise comme éthique publique, sens de l'État, respect des règles », a-t-il détaillé, dans une allusion à peine voilée à M. Berlusconi, impliqué dans plusieurs affaires de corruption ou de conflit d'intérêt. « Les honnêtes électeurs du PDL (...) ne comprennent pas pourquoi dans notre parti, la protection des libertés civiles, un principe sacro-saint, est trop souvent un prétexte à l'impunité », a-t-il martelé.
La chute du gouvernement ?
M. Berlusconi disposait jusqu'ici d'une confortable majorité - 342 sièges alors que la majorité absolue est de 316, grâce notamment à l'appoint du parti populiste de la Ligue du Nord, son autre grand allié. Il pourrait désormais rencontrer des difficultés à faire passer des textes cruciaux, comme ses réformes de la justice, et être contraint de nouer à chaque fois des alliances avec d'autres députés indécis. Le principal parti d'opposition, le Parti démocrate (PD), a estimé que le gouvernement Berlusconi « avait cessé d'exister ». Son chef, Pier Luigi Bersani, a réclamé la formation d'un gouvernement de transition sur la base d'une « plateforme » de mesures comprenant les lois électorales, des mesures économiques et sociales, ainsi que des normes anticorruption. « On ne peut pas espérer flotter avec de telles brèches dans le bateau », a-t-il dit.
Mais M. Berlusconi a écarté l'éventualité d'une chute de son gouvernement. « Il n'y a aucun risque. Nous disposons d'une majorité », a assuré le « Cavaliere », rejetant l'éventualité d'élections anticipées avant l'échéance de 2013.


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