« Il y a une part d'intimidation » dans ce qui se dit autour du TSL, a déclaré M. Siniora. « Je suis convaincu que le 7 mai (2008) ne se répétera pas. Ce n'est dans l'intérêt de personne. Celui qui veut s'aventurer dans ce genre d'actes n'est pas sûr de pouvoir toujours maîtriser les choses », a-t-il dit.
« Il faut reconnaître l'indépendance du tribunal. Il faut cesser d'en parler et ne pas se précipiter à tirer des conclusions. Tout ce qui se dit sur le TSL n'est qu'anticipation ou fruit de l'imagination. Il faut revenir aux choses essentielles : nous avons voulu le tribunal pour obtenir la justice et pour que les attentats politiques au Liban cessent à tout jamais », a-t-il ajouté.
« Ce tribunal a une indépendance totale et une grande transparence. N'importe qui pourra le constater », a assuré M. Siniora. Interrogé sur les menaces de guerre civile, il a répondu : « N'importe qui commet un crime peut dire : "Si vous m'accusez, je déclenche une guerre." Si l'on se soumet à cette logique, c'est un appel à commettre des crimes. »
Et de poursuivre : « Nous ne regardons pas le TSL comme un moyen de stigmatiser le Hezbollah. Nous refusons cela. Mais d'un autre côté, il faut regarder les choses sous l'angle de la justice, pour qu'il n'y ait plus d'assassinats au Liban. Nous ne mettons pas ces deux choses ensemble. »
S'agissant du rôle du Hezbollah, l'ancien Premier ministre a dit : « Jusqu'à l'an 2000, il y avait un besoin essentiel de résistance par tous les moyens, y compris la violence. Après l'adoption de la résolution 1701, en 2006, le conflit avec Israël n'est certes pas terminé, mais il pouvait prendre d'autres formes, car le but n'est pas la résistance en soi, mais la récupération du territoire occupé. »
Au sujet des visites des trois chefs d'État arabes attendus aujourd'hui, M. Siniora a estimé que c'est « un indice d'un intérêt arabe pour le Liban et d'une prise de conscience de la nécessité de préserver la stabilité et la paix civile au Liban ».
Sur les relations libano-syriennes, il s'est prononcé pour leur développement, mais toujours sur la base du « respect mutuel ». « Si on n'aime pas le terme » d'égal à égal, disons alors « équilibrées », c'est la même chose, a-t-il noté, affirmant que le président syrien Bachar el-Assad est le « bienvenu » au Liban, « qu'il vienne seul ou en compagnie du roi Abdallah d'Arabie saoudite ». « La relation privilégiée avec la Syrie est une chose, l'influence syrienne au Liban en est une autre », a-t-il souligné.
« J'ai toujours défendu le principe des bonnes relations. Je suis allé en Syrie et je l'ai dit. Je me suis comporté comme ma conscience me le dictait, en tant que responsable libanais et arabe », a-t-il réaffirmé, reprenant une de ses formules préférées : « Le Liban n'a pas à prouver qu'il est arabe. Nous n'avons pas besoin de faire un examen de sang. »

