Pour le roi Abdallah d'Arabie saoudite, maintenir le calme au Liban est une priorité absolue, à laquelle le souverain wahhabite voudrait associer la Syrie. Cette initiative à deux s'inscrit dans le cadre de l'entente à laquelle il était parvenu avec le président syrien lors de sa visite à Damas en octobre 2009, pour initier les efforts communs syro-saoudiens visant à juguler tout conflit politique interlibanais et éviter ainsi la résurgence d'axes qui risquent de provoquer des incidents.
Selon des sources diplomatiques, les capitales concernées par la situation au Liban suivent de près les résultats du sommet et misent sur la capacité des deux dirigeants arabes à « sauver la situation » au Liban. Sinon, c'est « un automne chaud » qui se prépare, estime-t-on.
De mêmes sources, on relève qu'il ne sera pas facile aux deux dirigeants arabes de trouver un arrangement au conflit politique actuel étant donné la gravité du problème qui se pose au niveau d'une partie libanaise, en l'occurence le Hezbollah, dont les positions risquent d'avoir des retombées régionales et mêmes internationales. Un arrangement est d'autant plus difficile que le TSL a insisté hier, par la voix de sa porte-parole, Fatima Issaoui, sur le fait que le gouvernement d'unité nationale « sera tenu de se plier aux décisions du TSL » quelles qu'elles soient, tout en se défendant de nourrir les arrière-pensées politiques que lui prête le Hezbollah.
Jusqu'à hier soir, l'issue du sommet restait incertaine. On sait seulement qu'au cours de leur réunion à Damas, hier, les deux dirigeants arabes ont souligné la nécessité d'un maintien de la stabilité au Liban. C'est ce que l'agence syrienne SANA a indiqué en précisant que M. Assad et son hôte se sont dits « attachés au processus d'entente en cours dans le pays depuis la formation d'un gouvernement d'union nationale » et ont affirmé « soutenir tout ce qui contribue à la stabilité et à l'unité de ce pays ».
De mêmes sources diplomatiques, on indique que Abdallah et Assad insisteront devant leurs hôtes libanais sur l'importance d'une cohésion interne, partant du principe que les menaces israéliennes contre le Liban sont sérieuses et qu'une attaque israélienne ne se limitera pas à des objectifs du Hezbollah mais s'étendra à des cibles gouvernementales dont une liste a déjà été dressée. Dans le meilleur des cas, le sommet débouchera sur une entente autour de la suspension de la guerre médiatique, estime-on de mêmes sources.
Les résultats possibles du sommet ont fait l'objet de concertations entre le président Michel Sleiman et le Premier ministre, Saad Hariri. Tous les deux sont restés discrets sur la teneur de leurs délibérations et de la position officielle libanaise au sommet, alors que le clivage politique persiste au sujet du Tribunal spécial sur le Liban, comme le montrent les commentaires qui se poursuivent à ce sujet.
Selon les informations obtenues, le roi saoudien et le président Assad n'auront pas d'entretiens bilatéraux avec des pôles politiques libanais directement concernés par la crise, même si dans certains milieux on indique que la délégation des Forces libanaises, qui sera présente à Baabda, aura des discussions avec le président Assad. Les différentes forces politiques seront représentées par leurs députés et ministres au déjeuner de Baabda. Toujours selon les mêmes informations, les Kataëb boycotteraient la rencontre, le président du parti, Amine Gemayel, n'ayant pas été invité en sa qualité d'ancien chef d'État.


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