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France/Affaire Bettencourt: le ministre Woerth auditionné par la police

Le ministre français du Travail, Eric Woerth, s'est longuement expliqué devant la police jeudi sur des soupçons de conflit d'intérêt et de financement politique illégal dans le cadre de l'affaire liée à la fortune de l'héritière du groupe L'Oréal qui fragilise le pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Le ministre a été entendu comme témoin de 07H00 GMT à 14H45 GMT au ministère du Travail à Paris par les policiers de la Brigade financière, selon son entourage.
Il a, au cours de son audition, récusé tous les soupçons de conflit d'intérêt et de financement politique illégal, a déclaré son avocat, Me Jean-Yves Leborgne.
Eric Woerth est le premier membre du gouvernement entendu par la police depuis l'élection de M. Sarkozy à la présidence en 2007.
Cet épisode fragilise le ministre, chargé de mener la réforme impopulaire des retraites, projet majeur de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy au plus bas dans les sondages. D'une façon générale, il atteint le gouvernement miné par une série de scandales ayant conduit à la démission de deux de ses membres.
Cette audition était attendue par Eric Woerth qui s'était dit "impatient" de dissiper les soupçons à son encontre.
Ce qui n'était au départ qu'un conflit familial entre l'héritière du géant des cosmétiques L'Oréal Liliane Bettencourt et sa fille Françoise a pris une dimension politique après la révélation en juin d'enregistrements clandestins au domicile de la milliardaire.
Les écoutes, réalisées entre mai 2009 et mai 2010 par un ancien majordome de Mme Bettencourt, mettent en lumière la fragilité de la vieille dame, mais aussi suggèrent des opérations de fraude dans la gestion de sa fortune (17 milliards d'euros).
Elles laissent planer des soupçons de conflit d'intérêt voire de trafic d'influence relatif aux fonctions de Florence Woerth au sein d'une société chargée de faire fructifier la fortune des Bettencourt au moment où son époux était ministre du Budget (2007-mars 2010) et trésorier du parti de la majorité UMP (Union pour un mouvement populaire, droite) chargé de recueillir des dons auprès de particuliers.
Eric Woerth a aussi été accusé de financement politique illégal par l'ex-comptable de Liliane Bettencourt. Claire Thibout a affirmé au site Mediapart que le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, lui avait demandé de retirer la somme de 150.000 euros début 2007 pour les remettre, selon elle à Eric Woerth, trésorier de l'UMP et de la campagne présidentielle de M. Sarkozy.
Selon le parquet de Nanterre, près de Paris, qui dirige quatre enquêtes préliminaires dans le cadre de l'affaire Bettencourt, le ministre devait être interrogé "sur tous les éléments qui intéressent les enquêteurs".
Dans la tourmente, Eric Woerth a annoncé le 13 juillet qu'il renonçait à la fonction de trésorier.
Mais le ministre, qui a reçu plusieurs fois le soutien du président, a répété à plusieurs reprises qu'il n'avait rien fait d'illégal. Il a dit qu'il n'avait aucun "problème de morale" et qu'il n'avait "aucune intention de démissionner" du gouvernement.
Pendant sa garde à vue mi-juillet, Patrice de Maistre avait indiqué que début 2007, le ministre lui avait "demandé de recevoir sa femme" pour "la conseiller sur sa carrière". Florence Woerth avait été embauchée en novembre.
Le ministre, qui a fait de la lutte contre la fraude fiscale son cheval de bataille lorsqu'il était au Budget, a été blanchi par un rapport de l'administration fiscale qui le dédouane de toute intervention dans le dossier fiscal de la milliardaire, mais qui n'a pas convaincu l'opposition.
Mme Bettencourt pour sa part a été entendue cette semaine par la police qui l'a interrogée sur deux comptes bancaires en Suisse non déclarés (78 millons d'euros) et sur le statut de l'île d'Arros aux Seychelles (500 millions).
Cette affaire a déclenché les foudres de l'opposition qui a accusé le pouvoir de "collusion" avec le monde de la finance.
Le ministre français du Travail, Eric Woerth, s'est longuement expliqué devant la police jeudi sur des soupçons de conflit d'intérêt et de financement politique illégal dans le cadre de l'affaire liée à la fortune de l'héritière du groupe L'Oréal qui fragilise le pouvoir de Nicolas Sarkozy.Le ministre a été entendu comme témoin de 07H00 GMT à 14H45 GMT au ministère du Travail à Paris par les policiers de la Brigade financière, selon son entourage.Il a, au cours de son audition, récusé tous les soupçons de conflit d'intérêt et de financement politique illégal, a déclaré son avocat, Me Jean-Yves Leborgne.Eric Woerth est le premier membre du gouvernement...