D'un côté, les conditions de crédits, actuellement avantageuses, permettent peu à peu de débloquer l'évolution des ventes. L'appétit des clients est principalement orienté vers les biens inférieurs à 500 000 dollars. Avec cette enveloppe, les produits recherchés sont naturellement les petites surfaces de 150 à 200 m2 aux quatre coins de la capitale. Les adresses les plus prestigieuses ne sont plus une obsession pour les clients. Parallèlement, la demande des expatriés en quête d'un pied-à-terre est toujours d'actualité. Les plus fortunés peuvent se permettre des achats à plus d'un million de dollars.
Mais c'est surtout la périphérie qui tire profit des offres de crédits bancaires. Avec la hausse des prix du neuf ces dernières années à Beyrouth, les familles ont pris leur mal en patience et ont accepté d'acquérir un logement hors de la capitale. Par exemple, les quartiers de Horch Tabet, Mar Takla, Baabda, Monteverde, Dbayé ou Aramoun sont de plus en plus appréciés. Les personnes intéressées peuvent y obtenir des produits à leur budget (soit à partir de 200 000 dollars), de plus grandes superficies qu'à Beyrouth et un cadre de vie plus aéré.
À l'opposé, les produits haut de gamme au centre-ville ou dans les quartiers prestigieux tirent toujours la langue. Les derniers développements politico-sécuritaires liés à la situation au Sud-Liban et au TSL ont sans doute marqué les esprits. Les gros budgets restent dans l'expectative et espèrent toujours une accalmie du marché pour bénéficier de bonnes réductions.
Pourtant, la multiplication de nouveaux immeubles résidentiels est perceptible. Plusieurs nouveaux projets au centre-ville viennent de démarrer, faisant fi de la situation. Mais cela ne peut masquer qu'il y a de plus en plus d'appartements invendus, une fois la construction terminée. Ce stock a du mal à s'écouler.
De plus, les investisseurs restent attentifs aux sirènes alarmistes de la situation politique. Certains retardent leurs achats, d'autres y renoncent ou cherchent des placements plus sûrs, c'est-à-dire vers des pays qui remontent la pente après la crise de 2008.
Alors que le marché du neuf stagne, le secteur du foncier avance à une tout autre allure. Les acheteurs et les vendeurs continuent de jouer au chat et à la souris. La tendance des prix demandés est haussière. Mais plusieurs grosses transactions à Beyrouth et en banlieue ont été enregistrées dernièrement pour plusieurs dizaines de millions de dollars, comme quoi le marché n'est pas au point mort. À chaque fois, les ventes se réalisent sur une base de prix cohérente. Dans le cas contraire, les promoteurs ou les spéculateurs ne sont pas prêts à surpayer.
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