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Turquie: mandats d'arrêt contre des généraux et amiraux accusés de complot

Un mandat d'arrêt a été délivré vendredi contre sept généraux ou amiraux turcs, et 95 autres inculpés dans un complot présumé de coup d'Etat fomenté en 2003 contre le pouvoir islamo-conservateur, a annoncé l'agence de presse Anatolie.
Deux amiraux et cinq généraux de différents rangs, tous en activité, figurent parmi les suspects mentionnés dans le mandat d'arrêt délivré par un tribunal d'Istanbul, selon Anatolie.
Trois généraux en retraite, dont l'instigateur principal du complot présumé, figurent également sur cette liste, selon la même source.
Le tribunal a aussi fixé la première audience au 16 décembre, dans un centre de détention près d'Istanbul, a déclaré le juge Davut Bedir à l'agence de presse turque.
Au total 196 personnes ont été inculpées dans ce complot présumé, qui aurait été fomenté au siège de la Première armée à Istanbul, après l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), une formation issue de la mouvance islamiste.
L'arrivée de l'AKP avait fait redouter à une partie de l'opinion et de la hiérarchie militaire une remise en cause de la laïcité en Turquie.
Le complot "Opération masse de forgeron", visait à commettre des attentats dans des mosquées et à provoquer des tensions avec la Grèce, pour semer le chaos et justifier un coup d'Etat, selon l'acte d'accusation rendu public lundi.
Mais le principal inculpé, le général Cetin Dogan, ancien chef de la Première armée, a répété qu'il ne s'agissait que d'un scénario parmi d'autres envisagé par les militaires, en cas de conflit avec la Grèce.
Les amiraux Mehmet Otuzbiroglu et Kadir Sagdic, respectivement commandants des flottes du nord et du sud, font partie de la liste du mandat d'arrêt.
Outre le général de réserve Dogan, y figurent les anciens chefs de la marine et de l'armée de l'air, les généraux Ozden Ornek et Ibrahim Firtina, retraités.
Environ 40 militaires d'active ou à la retraite, dont le général Dogan, avaient été arrêtés en février dans cette affaire, provoquant une vive émotion dans le pays, puis remis en liberté après des mises en cause de la procédure.
Ils sont accusés d'avoir "tenté de renverser le gouvernement ou de l'empêcher de mener à bien sa mission par la force ou la violence", et risquent de 15 à 2O ans de prison.
Parallèlement à cette procédure, pas moins de 290 personnes ont été inculpées depuis 2007 dans différentes enquêtes sur le réseau dit Ergenekon, accusé d'avoir voulu semer le chaos pour favoriser un putsch.
Plus de cent prévenus, dont des généraux, journalistes ou chefs de la pègre, sont écroués dans l'enquête Ergenekon.
Ces affaires ont porté gravement atteinte à l'armée, une institution qui se veut la garante de la laïcité et qui a renversé quatre gouvernements en un demi-siècle.
Ces enquêtes sont très controversées, selon que l'on s'adresse à des partisans de l'AKP ou à l'opposition kémaliste et laïque qui dénonce une dérive du pouvoir, soupçonné de suivre un "emploi du temps" caché d'islamisation rampante du pays, et, sur le terrain diplomatique, de se rapprocher des pays arabes et de l'Iran.
Interrogé lundi lors de l'annonce de l'acte d'accusation dans l'affaire "masse de forgeron", l'universitaire Ahmet Insel a ainsi estimé que "pour la première fois, on voit une volonté de rendre l'armée responsable devant les civils, ce qui est une normalisation du système, si on considère que l'armée ne doit plus être une force de tutelle" politique.
Mais, a-t-il ajouté, on peut aussi voir dans ces procès "la volonté de mettre à genoux" une armée qui s'est souvent opposée à l'AKP.

Un mandat d'arrêt a été délivré vendredi contre sept généraux ou amiraux turcs, et 95 autres inculpés dans un complot présumé de coup d'Etat fomenté en 2003 contre le pouvoir islamo-conservateur, a annoncé l'agence de presse Anatolie.
Deux amiraux et cinq généraux de différents rangs,...