Selon M. Larijani, la Turquie et le Brésil ont été mandatés par les Etats-Unis pour trouver un accord avec l'Iran. Signé le 17 mai, cet accord prévoit un échange de combustible nucléaire, ce que les trois pays ont présenté comme ouvrant la voie à une solution pacifique.
Mais le document a été critiqué par Washington, et le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé le 9 juin de nouvelles sanctions contre Téhéran.
"Ce qu'ont fait le Conseil de sécurité et les Etats-unis constitue une insulte à ces trois pays : l'Iran, la Turquie et le Brésil", s'est insurgé Ali Larijani lors d'un point de presse en marge de la Conférence mondiale des présidents de parlements organisée par l'Union interparlementaire à Genève.
Les Etats-Unis "ont confié une mission (à la Turquie et au Brésil) et (...) nous avions un accord et après cela, ils les ont trahis", a affirmé l'ancien négociateur du nucléaire iranien.
L'Iran est soupçonné de chercher à se doter de la bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie.
Furieuses des nouvelles sanctions décidées contre leur pays, les autorités iraniennes ont gelé le 28 juin pour deux mois des discussions avec les six grandes puissances impliquées dans le dossier nucléaire iranien (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a insisté mardi sur la nécessité de reprendre le dialogue avec Téhéran, dont le traditionnel "allié" russe s'est même rallié au vote sur les sanctions au Conseil de sécurité.
M. Larijani a toutefois assuré que les relations entre Téhéran et Moscou étaient "normales". Il a en revanche critiqué les récentes déclarations du président russe, Dmitri Medvedev, qui a demandé la semaine dernière à l'Iran des explications sur son programme nucléaire.
"Je suis opposé à ce qu'a dit le président Medvedev. Avec (le Premier ministre russe Vladimir) Poutine, nous avons défini une diplomatie et des relations très actives", a-t-il précisé.
"Les Russes savent très bien que nous n'avons pas d'arme nucléaire et les Américains le savent aussi", a martelé M. Larijani.


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