Elle pourra désormais tout organiser : le couronnement de Charles façon Henry VIII avec Camilla et un aéropage de juments, l'atterrissage de la première sonde habitée sur Mars, le deuxième mariage d'Elton John, les Jeux olympiques dans dix ans. Asma Andraos (décolleté vertigineux monroesque et lunettes de soleil Adjani by night pour bien montrer tout ce qu'elle a à cacher) et son équipe chic-choc (Mikaël Nakfoor, Carine Bejjani, Laure Paris et Myrna Merhej) a géré de A à Z l'ouverture de la boutique Vuitton à Beyrouth. Et c'était dingue.
Tout a commencé au 103, rue Allenby, dans le décor moucharrabiyé monogrammé furieusement élégant du magasin, treize coupes de champagne à la douzaine et 6 523 photographes - le 103 où s'étaient retrouvés les 60 invités du dîner (plus Saad Hariri qui a fait un p'tit tour puis s'en est allé), qui ont été accompagnés à la Bulle place des Martyrs en Bentley blanches. Pour dîner justement dans un décor Eyes Wide Shut que Stanley Kubrick, grand amateur de beau et de bon, aurait adoubé. Réalisé par Fleming Fallesen, le directeur artistique de Vuitton, ce décor-là exhibait une table en bois gravée LV signée Karim Chaia et Fouad Matta pour ACID, au centre de laquelle s'envolait un arbre vert qui tutoyait les étoiles du plafond, d'où pendaient deux vieilles malles LV que Maha Makari, dans une robe noire Rabih Keyrouz et des escarpins Chanel à damner le fétichiste de Michel Tournier, aurait volontiers ramenées avec elle.
Installés donc autour de cette table impériale, les 60 bienheureux ont eu à leur disposition les mezzés et autres intermezzés aux œufs d'esturgeons de Yannick Alléno, chef à l'hôtel Meurice, aidé par le princier Nicolas Audi. Une boisson et une seule : pas de Veuve Clicquot (Marguerite K, en déplacement en Islande, a fulminé), mais le sympathique champagne Ruinart - son PDG, Jean-Marc Gallot, était en pleine conversation avec May Ogden-Smith et Christian Louboutin.
La bonne humeur était reine : Yves Carcelle, le PDG de Vuitton, racontait ses aventures en Corée du Nord, pendant que Denis Pietton, très diplomate, partageait son oreille entre Francine Rivaud et Haïfa Wehbé (une robe zippée gris vison cousue à même le corps), dont le mari, Ahmad Husheima, timide et gentil, échangeait des remaques de bon voisinage (ils habitent le même immeuble) avec la sculpturale Chérine Moghrabi Tayyeb et que Danielle Trad parlait nightlife avec ses deux voisins, Chafic el-Khazen et Anthony Nahas, que Maxime Chaïa racontait ses Everest a May Arida et le ministre Salim Wardy conversait de danses avec Elyssar Caracalla, et Khaled Mouzannar de musiques du monde avec Elham Salamé, dont le mari, Toni, discutait arts contemporains avec Sandra Dagher. Entourés de Nader Hariri et Nasser Chamaa, Catherine Deneuve et Ziyad Makhoul ont passé leur temps, entre deux considérations sur Luis Buñuel, à rechercher des cendriers, pendant que Farid Makari se souvenait des années 90 avec Mona Hraoui, que Hoda Siniora conversait avec Élie Saab, Raymond Audi avec Elisabeta Beccari, Kamal Mouzawak avec Isabella Capece et le grand Nabil Nahas avec Elyssa.
Une fois le sorbet citron au croquant avalé, tout le monde a grimpé les trois étages de la Bulle pour une soirée à 300 personnes, où une fois encore, Stree a fait de sublimes stries dans la nuit beyrouthine. 300 personnes triées aussi sur le volet avec bulles de champagne à gogo, buffet gigantesque de bonbons, polaroïd par-ci, polaroïd par-là, et la soirée Vuitton a probablement été la plus impressionnante de l'année. La Bulle (ancien cinéma Opéra) était parée de ses plus beaux atours. Mur monogrammé LV où se sont fait shooter les happy few de la soirée, losanges et trèfles or, miroitant le reflet des plus belles tenues, écran géant qui tour à tour projetait les insignes de la marque et un film en noir et blanc du Liban des années 60 ; Vuitton a mis le paquet. Bracelets en cuir vernis rouge pour les femmes, porte-cartes de crédit pour les hommes, le tout estampillé « Louis Vuitton Beyrouth 2010 ». Tout le monde était happy.
Le gratin libanais s'est éclaté sur la piste ronde où, entre deux sets de DJ dont l'indispensable Caline Chidiac, venait de chanter Yas(mine) Hamdane. Mary Lynn Massoud et Sirine Begdache dans leurs robes Hervé Léger. Mariana Alem virevoltait en Alaia aux côtés de Krikor Jabotian et de Sarah et Malak Beydoun. Si 60 personnes étaient venues de Vuitton France pour l'occasion, on pouvait aussi noter la présence des équipes de Point de Vue et de l'Officiel France qui faisaient la papote avec l'équipe libanaise du magazine branché. On a également croisé les belles sœurs Michèle et Maya de Freige, Nevine Emad, May Saab, les campeones del mundo Diego et Alexandra de Aristegui, Tania Ezzedine (en Peter Pilotto), Georges et Colette Massabni, Milia M, Médéa Azouri (en Alexander Wang), Zeina Aouad, Caroline Mokbel (en Future Classic), Karim Traboulsi, Fifi Abou Dib, Hala Mouzannar, etc.
Inoubliable.

