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Diaspora - Reportage

Afrique du Sud : une communauté libanaise plus présente que jamais

Le Mondial de football 2010 aura été l'occasion de partir à la découverte de nouveaux horizons où, comme partout ailleurs, les Libanais ne sont jamais absents. La communauté libanaise d'Afrique du Sud est ainsi estimée à 50 000 personnes, dans un pays marqué par une forte présence hollandaise, anglaise et indienne.

Notre-Dame des Cèdres, réplique de Notre-Dame du Liban, trônant à côté de l’église maronite de Johannesburg.

« Cet événement sportif de haut niveau a non seulement permis de redorer l'image du pays, qui a souffert de l'apartheid et dont les habitants des quartiers riches de Johannesburg sont soumis régulièrement à des attaques meurtrières de la part de bandes incontrôlées, mais il a démontré qu'un déploiement en force de la police peut décourager les délinquants et créer un nouvel esprit de convivialité que nous espérons durable », explique Patrick Ayoub, un ingénieur franco-libanais installé là-bas avec sa famille.
Les mois de juin et de juillet 2010 resteront gravés dans la mémoire de millions de Sud-Africains pour avoir apporté une véritable bouffée d'espoir à l'un des pays pourtant les plus riches d'Afrique, qui a attiré un nombre impressionant de touristes venus soutenir les équipes de football de leurs pays. Là aussi, les Libanais étaient présents, comme l'a démontré un drapeau frappé du cèdre visible par tous les spectateurs du grand stade Soccer City lors du match de quart de finale Uruguay-Ghana, le 2 juillet.
Et si vous demandez au fond de la brousse à des Zoulous travaillant dans des réserves naturelles où se trouve le Liban, ils vous répondront instantanément : « Dans la Bible. »

Notre-Dame des Cèdres à Johannesburg
Patrick Ayoub, originaire de Cana au Liban-Sud, et son épouse Nayla Achkar résident dans une villa à Sandton, Johannesburg, avec leurs enfants Nicolas, Alexandra et Paul, qui étudient à l'École française. Ils sont venus de Paris il y a dix ans pour des raisons professionnelles, Patrick travaillant comme chef exécutif de la société WSSA spécialisée dans le traitement des eaux et filiale du groupe Suez. Pour Nayla, ingénieur informatique de formation qui a vécu 15 années avec ses parents en Éthiopie, c'est un bonheur de se retrouver de nouveau en Afrique, un « vrai retour aux sources ». Ils participent souvent aux réceptions organisées par l'ambassadeur du Liban à Pretoria, Michel Katra, et se souviennent avec nostalgie de la soirée d'adieu donnée l'année dernière par l'ambassadeur de France, Denis Pietton, et son épouse, quittant l'Afrique du Sud pour le Liban.
Ils nous ont conduits le dimanche à Notre-Dame des Cèdres, l'une des deux paroisses maronites de Johannesburg, où une surprise nous attendait : une réplique de Notre-Dame du Liban de Harissa, de taille plus petite, pour laquelle les nombreux Africains de souche se rendant à la messe, ainsi que les Libanais d'origine, prient avec ferveur. Plus de trois cents personnes participaient à l'office religieux célébré en anglais, arabe et syriaque, par le prêtre maronite, accompagné d'une belle chorale avec guitare et orgue. Pour l'occasion, l'église était décorée, en plus des images de saints, des drapeaux des pays participant à la Coupe du Monde, aux côtés de ceux d'Afrique du Sud et du Liban.

La visite du musée de l'Apartheid
Notre chauffeur de taxi ne franchira jamais la porte du musée de l'Apartheid qui regorge de visiteurs. « Ce qui s'est passé envers les Noirs est une honte que je ne peux supporter », dit-il. La ruée vers le diamant en 1867, puis vers l'or en 1886, la mise en place de l'apartheid dans les années 1950 et la révolution pacifique de Nelson Mandela au début des années 1990 sont les grandes dates qui ont marqué l'histoire de l'Afrique du Sud, où de grands pays colonisateurs comme la Hollande et l'Angleterre se sont affrontés avec force pour le contrôle de l'économie.
Deux heures de visite permettent de comprendre le fonctionnement de tout un système discriminatoire difficile à imaginer, et qui, heureusement, n'existe plus aujourd'hui que dans de rares pays. Des photos et des citations de l'ancien président Mandela sont exposées dans tous les coins du musée, décryptant le processus de l'apartheid. Elles sont aménagées de façon à attirer continuellement l'attention.
Durban et Cape Town, grandes destinations touristiques
Le Mondial 2010 aura permis de renforcer les structures touristiques du pays avec de nouveaux aménagements urbains et sportifs touchant principalement les grandes villes, comme Durban, ouverte sur l'océan Indien avec une plage de sable de vingt kilomètres de long et de superbes parcs aquatiques, et Cape Town, face au pôle Sud et ses paysages époustouflants. Si l'on ajoute à cela une population aimable et accueillante à la mixité surprenante, et les safaris impressionnants que de nombreux voyagistes proposent aux visiteurs, l'Afrique du Sud est un pays qui vaut vraiment le détour.

« Cet événement sportif de haut niveau a non seulement permis de redorer l'image du pays, qui a souffert de l'apartheid et dont les habitants des quartiers riches de Johannesburg sont soumis régulièrement à des attaques meurtrières de la part de bandes incontrôlées, mais il a démontré qu'un déploiement en force de la police peut décourager les délinquants et créer un nouvel esprit de convivialité que nous espérons durable », explique Patrick Ayoub, un ingénieur franco-libanais installé là-bas avec sa famille. Les mois de juin et de juillet 2010 resteront gravés dans la mémoire de millions de Sud-Africains pour avoir apporté une véritable bouffée...