M. Chehayeb a déploré qu'au Liban, les défis actuels, qui sont en fait des défis de longue date, n'ont toujours pas fait l'objet de solutions radicales, et que le pays soit si loin du développement durable. « L'intérêt manifesté actuellement aux dossiers environnementaux ne s'est toujours pas transformé en politique environnementale, visant à instaurer les principes du développement durable et arriver à une gestion scientifique et pratique de l'environnement », a-t-il dit.
Après avoir énuméré les problèmes écologiques majeurs du Liban, notamment les pollutions de toutes sortes, il a espéré que « les administrations concernées prendront l'initiative, sans plus tarder, de régler les problèmes accumulés par des programmes pragmatiques et applicables ».
Pour sa part, M. Saab a estimé que tous les événements qu'a connus le Liban durant les trente dernières années ont eu leur impact grave sur l'environnement, allant de l'empiètement sur le littoral, à la multiplication des carrières, aux incendies ravageurs, à la pollution de la mer, à la dégradation de la qualité de l'air et de l'eau, jusqu'au chaos urbanistique en l'absence d'un plan directeur de l'utilisation des terrains.
Enfin, M. Maalouf a estimé que les grands problèmes écologiques poviennent des grands défis intellectuels, qui découlent à leur tour des choix de l'humanité. Il a affirmé que pour régler les problèmes écologiques, il fallait remettre en cause ces choix intellectuels et culturels à tous les niveaux, notamment le niveau politique.
« Réfléchis avant de jeter »
Par ailleurs, le ministre du Développement administratif, Mohammad Fneich, a lancé hier une campagne intitulée « Réfléchis avant de jeter », qui consiste à sensibiliser le public à l'importance du tri à la source. Ce projet s'inscrit dans le cadre du programme de gestion des déchets solides financé par un don de l'Union européenne (UE) et géré par le ministère. La nouvelle campagne a été lancée hier lors d'une cérémonie au palais de l'Unesco, en présence d'un représentant du ministre de l'Environnement Edgar Chéhab, d'un représentant du ministre de l'Intérieur Makram Oueiss, du chef de la délégation de l'UE au Liban Patrick Laurent, et de présidents de municipalités ayant bénéficié de ce programme.
M. Fneich a estimé qu'une telle campagne vise à encourager le citoyen à participer à l'amélioration de la gestion des déchets, par l'introduction de concepts liés au développement durable et l'instauration d'une nouvelle culture fondée sur le tri à la source, à partir des foyers. Il a reconnu que le gouvernement « continue de faire face à des problèmes dans la résolution du dossier des déchets » et affirmé qu'une commission ministérielle discute actuellement d'un plan de gestion.
Pour sa part, M. Laurent a estimé que la sensibilisation est une partie très importante du programme de gestion des déchets solides financé par l'UE. Il a rappelé que le programme bénéficie d'un budget de 14,2 millions d'euros, et qu'il a déjà financé 18 projets dans diverses régions du Liban.

