71 % des Américains sont pessimistes vis-à-vis de la situation économique de leur pays, selon un sondage publié par Bloomberg.
Mais hors automobile et essence, les ventes de détail ont été quasi stables lors de ce mois (+0,1 %), après une nette baisse en mai (-1,0 %). L'appréciation de la consommation, traditionnel moteur de la première économie mondiale, oppose actuellement ceux qui voient le verre à moitié vide ou à moitié plein. « Le rebond des ventes de détail hors automobile en juin est un signe encourageant pour les perspectives du troisième trimestre, durant lequel les dépenses de consommation devraient être encore soutenues par une solide croissance des salaires et de l'emploi », était convaincu Peter Newland, de Barclays. Mais, à quatre mois des élections législatives aux États-Unis, son optimisme semble très minoritaire au regard de l'opinion générale. « Malgré tout ce que peuvent dire les économistes, on dirait que nous sommes encore en récession », ont répondu 71 % des Américains à un sondage publié mardi par la société d'information financière Bloomberg. S'y ajoutent 13 % pour lesquels l'économie « est en train de s'affaiblir » et va « replonger dans une récession ». Les ménages perçoivent surtout le maintien d'un chômage élevé.
La faiblesse persistante des embauches contraste avec les profits éclatants que claironnent actuellement les plus grosses entreprises du pays. C'est un souci quotidien pour le président Barack Obama et les autorités monétaires. La Maison-Blanche a revendiqué hier le succès de son plan de relance promulgué en février 2009, déclarant que trois millions d'emplois ont été « créés ou sauvés ». Mais son action est aujourd'hui limitée par de lourdes contraintes budgétaires. La Banque centrale (Fed) a son taux directeur bloqué près de zéro depuis décembre 2008, et ses programmes exceptionnels de soutien au secteur financier ont pour la plupart expiré au printemps. Doit-elle en lancer de nouveaux ? Ses dirigeants sont partagés. Leurs divergences pourraient apparaître avec la publication du compte rendu de sa réunion de politique monétaire de fin juin, attendu pour aujourd'hui. Elles devraient donner des indications sur le débat entre ceux qui croient qu'il est prématuré d'intervenir, face aux inévitables à-coups de la reprise, et ceux qui pensent qu'avec une inflation aussi faible qu'aujourd'hui, la Fed a toute latitude pour passer à l'action. Ce débat a déjà débordé dans la presse : le Washington Post le 7 juillet, puis le Wall Street Journal hier ont exposé ces opinions contradictoires.

