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Liban - Éclairage

L’automne de tous les dangers

À mesure que le temps passe, l'ex-opposition commence à y voir plus clair dans ce qu'elle appelle les scénarios catastrophe préparés pour entraîner le Hezbollah dans une discorde interne en prélude à une action militaire israélienne, qui devrait forcément avoir lieu cette année, la prochaine ou encore plus tard, peu importe, puisque aujourd'hui tout indique qu'elle serait inéluctable. D'ailleurs, depuis le début de cette année, les dossiers épineux se sont succédé : la question de l'afflux d'armes vers le Hezbollah via la Syrie, l'explosion de Tayrfelsay, l'affaire des missiles Scud, le tracé des frontières, les incidents avec la Finul, etc. Les sujets suscitant des polémiques n'ont pas manqué et si, à chaque fois, celle-ci se calme comme par miracle, elle laisse toujours des traces dans l'inconscient collectif, comme si l'objectif réel était de préparer le terrain à l'exécution d ‘un scénario plus complexe.
Des sources proches de l'ex-opposition estiment donc que pour l'instant, il s'agit de maintenir la tension entre les différentes parties internes et d'empêcher le gouvernement d'union nationale de faire réellement ses preuves pour qu'au moment voulu, il implose sans surprise.
La pièce maîtresse du scénario reste la publication de l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), annoncée pour cet automne. Selon les rumeurs circulant dans les milieux de l'ex-opposition, cet acte devrait accuser des éléments du Hezbollah d'être les exécutants de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri et réclamer leur livraison à la justice internationale. L'élément essentiel sur lequel se fonderait cette accusation repose sur les fameux appels téléphoniques, au moyen de portables, interceptés entre huit numéros appartenant à des cartes prépayées, qui ont constitué une sorte de circuit fermé et qui ont cessé d'être utilisés après l'assassinat. Les acheteurs de ces cartes auraient été identifiés et leur emplacement localisé. Des experts en communications téléphoniques estiment que même si ces rumeurs s'avéraient exactes, elles ne constitueraient pas un indice probant, puisque de nombreuses sociétés fournissent à leurs employés des lignes téléphoniques à partir de cartes prépayées, qui fonctionnent elles aussi en circuit fermé. Vouloir accuser des membres du Hezbollah sur la base de cet élément pourrait donc être considéré comme peu probant, puisqu'il y aurait eu une sélection voulue parmi tous les numéros qui fonctionnent en circuit fermé, dans le but d'incriminer une partie déterminée. Mais repris dans le cadre de l'acte d'accusation, ces éléments suffiraient à créer un grand malaise au sein de la population libanaise. Certes, le gouvernement chercherait aussitôt à limiter les dégâts et le Premier ministre Saad Hariri tentera alors de circonscrire les effets négatifs de cette accusation. Mais la tension serait telle sur le terrain que le moindre incident entre deux groupes rivaux pourrait déraper vers des affrontements plus importants et se transformer en une tentative réelle de déstabilisation.
Les récentes déclarations du général israélien Gaby Ashkenaze ont d'ailleurs confirmé ce scénario. Si les incidents devaient se multiplier - et il existe des groupuscules dont c'est le rôle - la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable et les meilleures intentions du monde ne pourraient rien y faire. D'ailleurs, selon certaines informations, la question aurait été évoquée avec le secrétaire général du Hezbollah auquel on aurait suggéré d'accepter que certains membres de son parti soient accusés, quitte à déclarer ensuite qu'ils n'obéissaient pas aux ordres de la hiérarchie, mais ce dernier aurait catégoriquement refusé d'envisager un tel scénario.
Dans ces conditions, le scénario annoncé serait-il inévitable ? Les milieux de l'ex-opposition affirment que le Hezbollah ne compte pas rester les bras croisés à attendre sa mise en accusation et qu'il a mis au point plusieurs scénarios de rechange. La question reste pour lui et pour ses alliés la suivante : quel est le bon timing pour agir et faut-il mener une action préventive ou attendre ? Déjà certaines pistes ont été lancées, dont l'arrestation du fameux « espion d'alfa » n'est pas la moindre. Ce dernier, qui selon des sources sécuritaires aurait été enrôlé par un ancien responsable de l'Armée du Liban-Sud et avait travaillé au ministère des P et T avant d'être engagé à Cellis dès sa création, serait une prise importante pour les SR de l'armée et permettrait au Hezbollah de discréditer l'acte d'accusation, puisque grâce à ses fonctions et aux moyens technologiques à sa disposition, cet espion pouvait, selon les milieux de l'ex-opposition, jouer avec les communications téléphoniques et simuler des entretiens téléphoniques virtuels. De même, aux enquêteurs membres du bureau du procureur du TSL Daniel Bellemare qui les auraient rencontrés récemment, des membres du Hezbollah auraient fourni des explications qualifiées d'importantes sur l'ensemble des communications téléphoniques avant et au moment de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri. Si, malgré tout, l'acte d'accusation persiste à vouloir incriminer des membres du Hezbollah, ce dernier utilisera alors d'autres cartes en sa possession, affirment les milieux de l'ex-opposition...
D'autres milieux politiques du 14 Mars estiment, au contraire, que toute cette histoire est sciemment amplifiée et vise à permettre au Hezbollah de « verrouiller politiquement » le Liban, sous prétexte de le protéger de la discorde interne. Ces milieux restent convaincus que le TSL n'est nullement politisé et que les Cassandre ne se fondent sur aucun élément concret pour exposer leurs scénarios catastrophes.
Quelle est la bonne version ?
L'automne n'est pas si loin et en dépit de la chaleur estivale, chaque camp prépare ses cartes.
À mesure que le temps passe, l'ex-opposition commence à y voir plus clair dans ce qu'elle appelle les scénarios catastrophe préparés pour entraîner le Hezbollah dans une discorde interne en prélude à une action militaire israélienne, qui devrait forcément avoir lieu cette année, la prochaine ou encore plus tard, peu importe, puisque aujourd'hui tout indique qu'elle serait inéluctable. D'ailleurs, depuis le début de cette année, les dossiers épineux se sont succédé : la question de l'afflux d'armes vers le Hezbollah via la Syrie, l'explosion de Tayrfelsay, l'affaire des missiles Scud, le tracé des frontières, les incidents avec la Finul, etc. Les sujets suscitant des polémiques n'ont pas...
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