Au cours de sa visite au service de la mécanique, M. Baroud a repéré les infractions commises et s’est enquis du mécanisme de travail. Photo Dalati et Nohra
Ziyad Baroud aime aussi bien la forme que le fond : il a effectué samedi une inspection-surprise au service mécanique à Dekouané et adressé un mémorandum au patron du département de circulation, l'enjoignant d'adopter une série de mesures que le jeune ministre juge indispensables après maintes observations sur le terrain.
« C'est la première fois que j'entreprends une telle visite ; j'attendais que la situation s'améliore un minimum avant un tel déplacement », a-t-il indiqué, annonçant d'autres inspections dans l'immeuble de la Mécanique. « Beaucoup d'efforts sont fournis à plusieurs niveaux », a-t-il ajouté, faisant référence à l'examen pour l'obtention du permis de conduire. « Cet examen s'est nettement amélioré dans sa partie orale, mais en ce qui concerne la pratique, il est déplorable », a constaté le ministre Baroud, faisant allusion au périmètre géographique plus qu'étroit et à la présence de poids lourds et autres mobylettes, très peu propice à une bonne conduite.
« L'été 2010 sera extrêmement embouteillé, mais le ministère de l'Intérieur n'est absolument pas responsable de ce problème chronique de trafic ; nous nous occupons, par le truchement des FSI, de faciliter la circulation, mais nous ne pouvons pas créer des axes routiers, des tunnels, des ponts ou des parkings publics », a-t-il relevé. « À quelques exceptions près, nos routes sont dans le même état depuis les années 60 ; cela nécessite une mobilisation tous azimuts de l'État. Je ne me décharge pas sur les autres, mais qu'on ne fasse pas assumer l'entière responsabilité de ce problème aux FSI », a-t-il affirmé.
Continuant d'évoquer l'état des routes, Ziyad Baroud a insisté sur la nécessité de construire des périphériques et d'assurer des transports en commun et des parkings dignes de ce nom, « comme cela se fait dans tous les pays du monde. Sinon, nous allons être pris à la gorge à chaque fois qu'augmente le nombre de touristes ou de voitures venues de pays amis », a-t-il remarqué.
Concernant les accidents de la route, il a rappelé qu'environ 600 personnes meurent chaque année et 190 autres sont assassinées, ce qui fait de la sécurité routière une absolue « priorité ». Et d'asséner que le permis de conduire « n'est pas et ne doit pas être un cadeau que l'on offre à nos enfants pour leurs 18 ans, un cadeau envoyé à leur domicile sans qu'il n'y ait un examen en bonne et due forme ». Il a insisté sur une indispensable connaissance du code de la route et sur le respect de la signalisation et des feux rouges, assurant qu'il faut amender ce code « au plus vite », et adopter le système des points, sans oublier une augmentation substantielle des montants des PV. Il en a profité pour critiquer les « pistons » qui permettent à ceux qui provoquent la mort d'autrui sur les routes de sortir de prison au bout de 24 heures ou de quelques jours à peine.
« Personne n'est plus intelligent que l'État, aussi pistonné soit-il, et j'adopterai au cours de mes prochaines visites des mesures beaucoup plus radicales », a promis le ministre de l'Intérieur.

