Mais, a-t-il ajouté, « beaucoup reste à faire ».
Les recommandations du FMI ne sont généralement suivies d'aucun effet aux États-Unis, comme dans tous les pays qui n'ont pas le sentiment d'avoir besoin de son argent. Et comme l'ont relevé eux-mêmes ses économistes jeudi, à court terme l'État fédéral n'a aucun mal à placer sa dette à des taux avantageux.
« Sachant que nous utilisons des hypothèses moins optimistes que le gouvernement, nous entrevoyons la nécessité d'un ajustement plus ambitieux pour stabiliser la dette que celui envisagé par les autorités », a expliqué l'institution multilatérale.
Cette différence entre prévisions de croissance est en effet flagrante.
D'un côté, le FMI estime que les 3 % seront dépassés uniquement en 2010, grâce au rebond qui suit la récession (3,3 %), avant des taux entre 2,9 % en 2011 et 2,6 % à 2,8 % chaque année entre 2012 et 2015. Ces projections sont relativement faibles : aux États-Unis, une croissance de 3 % est généralement considérée comme moyenne.
À quelques rues de distance dans le centre de Washington, la Maison-Blanche anticipe de son côté un certain « boom » économique à partir de l'année prochaine. Dans son projet de budget 2010-2011 rendu public en janvier, elle tablait sur 3,8 % en 2011, puis 4,3 % et 4,2 % en 2012 et 2013. « Sur beaucoup de questions importantes, nous sommes d'accord avec les autorités. Sur d'autres, et je pense que cela se voit plutôt clairement dans nos conclusions, nous avons des différences », a expliqué lors d'une conférence de presse le directeur général adjoint du département Amériques au FMI, David Robinson.
Selon le FMI, l'effort d'économies budgétaires des États-Unis devra être considérable, équivalent à 8 % du produit intérieur brut d'ici à 2015, alors que le gouvernement prévoit moins de 3 %.
« Une partie de cet ajustement pourrait être effectué grâce à des réductions de dépenses (...). Cependant, des mesures pour accroître les recettes seront également nécessaires », a souligné le Fonds.
Il a plaidé entre autres pour une TVA au niveau fédéral, une hausse des taxes sur l'énergie, une baisse des déductions fiscales (en particulier dans les emprunts immobiliers) et une taxe sur les activités financières.
Après la promulgation d'une loi sur l'assurance-maladie en mars, il a aussi considéré que la réforme du système de santé le plus cher au monde allait permettre des économies « modestes » au départ, et qui ultérieurement « dépendront de la mise en œuvre de nombreuses mesures ».
Le FMI a enfin lancé des propositions pour la réforme d'un système de financement de l'immobilier qu'il trouve trop complexe et coûteux et qui « bénéfice probablement davantage aux riches qu'aux autres », selon M. Robinson.
Il a conseillé au gouvernement de vendre au privé les prêts immobiliers détenus par les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, et de concentrer la mission de ces deux groupes sur les garanties.

