Jeudi, à New York, un premier suspect, Juan Lazaro, dont la décision sur sa détention est repoussée à plus tard, a reconnu travailler pour le Service de renseignement extérieur russe (SVR) par conviction. Son épouse, une journaliste d'origine péruvienne, a été libérée sous caution. « Elle ne donne pas l'impression d'être un agent professionnel », a estimé un juge new-yorkais à propos de Vicky Pelaez, journaliste dans un journal hispanique.
Ce n'est pas ce qu'a décidé la justice en revanche pour la jeune Russe Anna Chapman, 28 ans, qui s'avère, selon son ex-mari, être la fille d'un ancien cadre de haut rang du KGB. « Anna m'a dit que son père avait occupé une position élevée dans la hiérarchie du KGB. Elle a dit qu'il avait été un agent dans la"vieille Russie"», a relevé Alex Chapman dans une interview au Daily Telegraph, ajoutant : « Son père contrôlait tout dans sa vie, et j'ai pensé qu'elle ferait n'importe quoi pour son père. »
Anna Chapman - de son nom de jeune fille Anna Kouchtchenko, selon son ex-mari -, et sa flamboyante chevelure rousse, présentée comme une « Mata Hari » et une « femme fatale » par les médias, est devenue le visage de ce réseau.
En ce qui concerne les autres suspects, un autre couple, Richard et Cynthia Murphy, arrêtés dans le New Jersey (Nord-Est), a été maintenu en détention. À Boston (Massachusetts, Nord-Est), l'examen de la demande de mise en liberté sous caution de deux autres suspects, Donald Howard Heathfield et Tracey Lee Ann Foley, a été fixée au 16 juillet.
Un onzième homme, Christopher Robert Metsos, 54 ou 55 ans, arrêté brièvement à Chypre et libéré sous caution, ne s'est pas présenté à son contrôle judiciaire. Hier soir, le ministre chypriote de la Justice Loucas Louca a déclaré que Robert Metsos aurait probablement déjà quitté la zone sous contrôle chypriote grec de l'île divisée.
Le FBI, qui affirme avoir mené cette enquête depuis près de 10 ans, accuse le groupe de onze personnes d'avoir travaillé, pour certaines depuis des décennies, au profit de la Russie.
Depuis que cette affaire a été révélée au grand public, Washington a toutefois minimisé ses répercussions sur ses relations avec Moscou. Hier, la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, en visite en Ukraine, a affirmé que son pays tient à ses « nouvelles » relations « positives » avec la Russie. « Nous regardons vers l'avenir », a déclaré Mme Clinton.

