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Sport - Audition

Domenech et Escalettes, le même cinéma

Les députés n'ont rien appris de neuf en auditionnant Domenech et Escalettes, pourtant placés dans les conditions idéales d'un huis clos. Le sélectionneur attribue le délitement de la sélection française à la une de « L'Équipe ». Le patron de la FFF assume que les institutions sont dépassées.

Arrivés et repartis par une porte dérobée après deux heures d’audience, les deux hommes ont d’ailleurs réussi à éviter la centaine de journalistes présents, une affluence inhabituelle pour ce type de réunion parlementaire. Domenech a même ostensiblement détourné les yeux face aux cameramen et photographes durant la première minute de la séance ouverte aux professionnels de l’image.

Le huis clos décidé à la dernière minute pour l'audition de Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech a été brisé, hier matin, par le député de Haute-Savoie Lionel Tardy. Pendant une petite heure, il a publié sur twitter 14 petits messages qui ont permis au reste du monde d'accéder, comme par un trou de serrure, aux propos du futur ex-patron de la FFF et de l'ex-sélectionneur. Victime d'un « carton rouge » aux alentours de 11h10, le parlementaire n'aura pu donner qu'un aperçu de la justification des deux hommes, qui a débuté peu après 10 heures et s'est achevée peu après 11h30.
L'expulsion était visiblement injustifiée. Rien de ce qui a été dit hier matin ne remet en cause les vérités partielles auxquelles la France avait eu accès ces derniers jours. « Les parlementaires avaient beaucoup de questions à poser, mais, personnellement je n'ai rien appris », a lâché le patron du groupe UMP Jean-François Copé. « Tout le monde pose des questions et est intéressé, mais on n'a pas appris grand-chose, on n'a rien appris de nouveau, a déclaré sur I-Télé le député Renaud Muselier à la sortie de l'audience. La vérité, c'est qu'on n'arrive pas à savoir ce qui s'est passé. » Les messages postés par Lionel Tardy le confirment. Raymond Domenech a fait du Domenech : flou et antimédias, pour expliquer le fiasco de la Coupe du monde. « Par quoi commencer ? Ça marche ou pas : on est sur de l'humain... » Mais aussi : « La une de L'Équipe (sur les insultes d'Anelka à son encontre) a tout déclenché ... » Bernard Debré n'est pas dupe : « Je n'ai pas compris l'agressivité de certains, de Raymond Domenech, envers la presse. »

La FFF a encore autorité sur quelque chose
« Il nous a expliqué, a poursuivi Renaud Muselier, qu'il y avait eu une remarque technique d'un entraîneur, le joueur a répondu quelque chose qui avait justifié qu'il soit remplacé à la mi-temps. Quelqu'un a balancé à la presse. Les joueurs ont alors eu une prise de conscience collective, ont été solidaires entre eux. (Escalettes et Domenech) ne les soutiennent en aucun cas, ils n'ont pas réussi à les raisonner. Quelque part, ils nous ont dit que c'étaient des enfants gâtés. Une fois que les joueurs ont réalisé la bêtise qu'ils avaient faite, ils se sont remis à l'entraînement. » Pour le reste, quelques phrases assez fortes sur ce qu'il a vécu et sur l'étendue de la crise sont attribuées à Jean-Pierre Escalettes : « Dans le bus (où les joueurs faisaient grève), j'ai été confronté à un mur, jamais vu au cours de mes 50 ans dans le foot. » Le chantier de la réforme de la gouvernance est légitimé à ses yeux par les événements : « En foot, comme ailleurs, les choses évoluent plus vite que les institutions. » Ou encore : « Le modèle associatif pur et dur dépassé en termes de gestion. » Escalettes aurait aussi assuré ne pas avoir « été aidé par le club France » car seulement « deux amateurs » s'y trouvaient...
L'audition d'Escalettes et Domenech devait, au départ, être publique, comme l'avait été celle de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot lundi. Elle avait dit avoir vu des « joueurs insupportables et un sélectionneur aux abonnés absents ». Elle avait ajouté : « Les responsables sont clairement, en un : les joueurs ; en deux : le sélectionneur ; en trois : les instances. » La direction de la FFF, présentée comme dépassée et impuissante, a quand même encore autorité sur quelque chose qui compte : une commission parlementaire... C'est à sa demande que les médias ont été écartés de cette audition, contre tous les usages.
Le huis clos décidé à la dernière minute pour l'audition de Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech a été brisé, hier matin, par le député de Haute-Savoie Lionel Tardy. Pendant une petite heure, il a publié sur twitter 14 petits messages qui ont permis au reste du monde d'accéder, comme par un trou de serrure, aux propos du futur ex-patron de la FFF et de l'ex-sélectionneur. Victime d'un « carton rouge » aux alentours de 11h10, le parlementaire n'aura pu donner qu'un aperçu de la justification des deux hommes, qui a débuté peu après 10 heures et s'est achevée peu après 11h30.L'expulsion était visiblement injustifiée. Rien de ce qui a été dit hier matin ne remet...
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