L’ambassadeur italien au Liban Gabriele Checchia, le ministre de l’Économie Mohammad Safadi et le directeur général de l’ICE Massimo Mamberti, lors du premier forum économique libano-italien.Photo Samy Ayad
Des chiffres qui en disent long
Premier à prendre la parole, le directeur général de l'ICE, Massimo Mamberti, souligne que cette rencontre est la première mission de cette taille à être organisée par l'Italie au Liban. En effet, l'événement a regroupé 84 entreprises italiennes représentées par 126 délégués de 39 secteurs d'activités différents, et 206 entreprises libanaises représentées par 238 délégués. M. Mamberti a d'ailleurs tenu à rappeler que l'Italie est le premier partenaire commercial européen du Liban et le troisième mondial après la Chine et les États-Unis (les échanges commerciaux avec l'Italie représentent 8 % du total des échanges extérieurs). En effet, la valeur des exportations italiennes s'est élevée à 1,2 milliard de dollars en 2009 et à 576 millions de dollars au cours des cinq premiers mois de l'année 2010, soit une hausse de 27 % par rapport à la même période de l'année précédente.
Le Liban : n° 1 mondial en termes de croissance de touristes
Soulignant le dynamisme économique libanais des dernières années, le ministre de l'Économie Mohammad Safadi a indiqué que « malgré la taille modeste du Liban, ce pays a un fort potentiel de consommation, notamment grâce aux flux grandissants de touristes ». Il a d'ailleurs rappelé que le Liban a été classé premier mondial en termes de croissance de touristes en 2009 (+39 %). Le ministre Safadi a souligné que « depuis l'élection du président de la République Michel Sleiman en 2008 et la formation d'un gouvernement d'union nationale, le Liban jouit d'une stabilité politique qui lui a d'ailleurs permis d'afficher une résilience exemplaire face à la crise mondiale ». Parallèlement, le ministre de l'Économie a mis l'accent sur l'engouement des Libanais pour le label « made in Italy » ; un enthousiasme concrétisé par les chiffres revus à la hausse des échanges avec l'Italie. Pourtant, ces échanges demeurent déséquilibrés puisque les exportations libanaises vers l'Italie ne totalisent aujourd'hui que 10 millions de dollars, a toutefois déploré le ministre Safadi. Il a indiqué à cet égard que le gouvernement libanais avait mis en place des procédés de standardisation des produits et services libanais, en vue de dynamiser les exportations vers l'Italie.
Dépasser les limites géographiques
Malgré le déséquilibre actuel des échanges commerciaux, l'ambassadeur Checchia a mis l'accent sur le fait que les efforts doivent aujourd'hui être centrés sur les moyens de dynamiser les investissements de part et d'autre de la Méditerranée. Le diplomate a affirmé que le Liban joue un rôle essentiel puisqu'il constitue une porte d'entrée vers la région du Moyen-Orient, d'abord grâce à sa position géographique, mais aussi aux autres régions du globe grâce à ses relations privilégiées avec une diaspora nombreuse dispersée sur l'ensemble des continents. « Il faut porter sur le Liban une vision qui dépasse ses frontières physiques », a résumé l'ambassadeur Checchia. Une vision partagée par le ministre Safadi qui a d'ailleurs dévoilé la mise en place prochaine de zones franches qui devraient inciter les investisseurs étrangers à utiliser le Liban comme plateforme régionale pour la commercialisation de leurs produits. Pour soutenir le point de vue du ministre Safadi, des responsables du secteur privé ont vanté les avantages du marché libanais.
Ainsi, les représentants du secteur, dont notamment le président de la CCIAB, Mohammad Choucair, et le président de l'Association des industriels (AI) Nehmat Frem, se sont accordés à rappeler les chiffres positifs de l'économie libanaise et sa résilience face à la crise mondiale, ainsi que l'importance du secteur privé et du partenariat privé-public dans la dynamisation des échanges commerciaux libano-italiens. Parallèlement, le président de l'Agence pour le développement des investissements au Liban (IDAL), Nabil Itani, a souligné les avantages qu'offrait le Liban à des investisseurs potentiels italiens, à savoir : le capital humain qualifié, une économie de libre-échange, les accords commerciaux avec l'Italie, le système juridique, etc. De son côté, le secrétaire général de l'Association des banques (ABL), Makram Sader, a rappelé les chiffres positifs du secteur bancaire, notamment un taux de crédit qui croît à un rythme de 20 %. M. Sader a précisé que les banques libanaises peuvent jouer un triple rôle vis-à-vis des investisseurs potentiels : celui d'institution financière, de consultant et de catalyseur des procédures d'investissement.
Avant que les séries de rencontres entre entrepreneurs libanais et italiens ne débutent, le vice-président de l'agence Promos (agence spéciale de la Chambre de commerce de Milan), Claudio Rotti, a tenu à inviter les participants à prendre part au 2e forum économique Euromed qui aura lieu à Milan les 12 et 13 juillet prochain ; une rencontre qui aura pour objectif de consolider la dynamique entre les petites et moyennes entreprises (PME) des deux pays.


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