Réagissant à cette campagne, le bureau politique du parti Kataëb a jugé « regrettable » la manière dont le dossier a été soulevé, soulignant qu'il est vécu par une partie de la population « comme une sorte de provocation, de contrainte et d'intimidation qui rappellent un passé douloureux ».
« Ces méthodes ne nous empêcheront jamais de refuser toute mesure qui paverait la voie à l'implantation » des Palestiniens au Liban, a souligné le communiqué final du bureau politique, réuni sous la présidence d'Amine Gemayel.
Pour le parti Kataëb, « ces méthodes auront plutôt des effets contraires à ceux que souhaitent les Palestiniens et empêcheront l'État d'aborder ce dossier de façon à assurer une vie digne aux réfugiés palestiniens ».
L'implantation est « un objectif qu'Israël cherche à atteindre depuis 1948, ainsi que celui de certains États et organisations internationales qui cherchent à liquider la cause palestinienne et celle des droits des Palestiniens, à commencer par celui du retour », a jugé le parti.
Et de mettre en garde tous ceux qui occupent des postes de responsabilité au sein des institutions, leur demandant d'aborder ce dossier « dans un esprit de responsabilité nationale, loin des compromissions, des surenchères, des marchés ou d'un angélisme bon marché ».
Implantation et partition
Autrement, une telle façon de faire pourrait bien, selon les Kataëb, « avoir des conséquences négatives sur l'unité du Liban, sa paix et sa stabilité ». Et le communiqué de rappeler que « dans le préambule de la Constitution, le refus de l'implantation va de pair avec le refus de la partition, compte tenu du rapport (de cause à effet) entre l'un et l'autre ».
Et de conclure en affirmant que l'union des partis et blocs, qui s'est faite au sujet du projet de loi (sur les droits des palestiniens), doit se poursuivre et se renforcer, et jeter les bases de rapports nationaux et politiques qui amortiraient les divisions apparues.
« Le député Atef Majdalani (Courant du futur) a affirmé pour sa part qu'avant d'évoquer les responsabilités de l'État à l'égard des Palestiniens, il faudrait qu'il les assume à l'égard des Libanais mêmes. Il a ajouté que vis-à-vis des droits qu'ils réclament, les Palestiniens ont des devoirs à remplir à l'égard de la loi, des institutions et de l'État (...), un État qui doit étendre son autorité sur tout le territoire. »
De son côté, le député Simon Abi Ramia (CPL) a dit que les Libanais « doivent cesser de s'autoflageller » au sujet des droits civils des Palestiniens. Le député a invité la communauté internationale, responsable collectivement du partage de la Palestine, en 1949, d'assumer sa responsabilité et de trouver à ce drame des solutions, l'implantation étant exclue.
Et de s'interroger sur « les mobiles et le timing » qui ont marqué l'ouverture de ce dossier, et « le caractère de double urgence » du projet de loi relatif aux droits des Palestiniens.
Le droit de propriété
On sait que parmi les droits « civils et humanitaires » réclamés par les Palestiniens figurent le droit de propriété, l'élimination du permis de travail, et la Sécurité sociale, encore que, selon les organisations palestiniennes, ces droits peuvent varier.
Toutefois, le droit de posséder un logement revient avec insistance sur la bouche de tous les responsables palestiniens, qui insistent sur la promiscuité dans laquelle vivent les réfugiés, dans des camps surpeuplés.
Il faut redouter, toutefois, que ce « droit », une fois accordé, ne transforme tôt ou tard les « refugiés "en résidents" ». Il suffirait alors d'une génération ou deux pour transformer ces résidents en nationaux, dans la mesure même où « le droit de retour » invoqué pour justifier ces facilités de vie temporaires deviendrait de plus en plus inaccessible, sinon chimérique, si tant est que la politique d'Israël demeure ce qu'elle est.
La commission de dialogue
Tous ces débats, n'en doutons pas, figureront à l'agenda de la Commission de dialogue libano-palestinienne qui se réunit aujourd'hui, au Grand Sérail, sous la présidence de Saad Hariri, en présence de sa nouvelle présidente Maya Majzoub, qui succède à Khalil Mekkaoui, et la participation de Michael Williams, représentant permanent de Ban Ki-moon au Liban, de Salvatore Lombardo, directeur du bureau de l'Unrwa au Liban, d'une délégation de l' OLP conduite par son représentant au Liban, l'ambassadeur Abdallah Abdallah, et de représentants de groupes palestiniens indépendants de l'OLP.
À la veille de l'ouverture de cette réunion de dialogue, M. Abdallah a affirmé hier à l'agence al-Markaziya que, pour l'OLP, la Sécurité sociale est du ressort de l'Unrwa, toute autre mesure pouvant faire perdre aux Palestiniens leur statut de « réfugiés ». Ce que la centrale palestinienne demande, toutefois, a-t-il dit, c'est la prise en charge par les institutions employant des Palestiniens des accidents de travail.
« L'OLP refuse que les Palestiniens aient une quelconque incidence sur le tissu confessionnel au Liban. Nous ne demandons aucun poste officiel ni le droit de vote, a-t-il affirmé. Au demeurant, la décision revient au Liban, un pays souverain aux décisions souveraines et libres. »

