Bank Audi souligne en outre qu'en dépit de l'appréciation importante des prix des biens immobiliers au rythme d'une croissance à deux chiffres en moyenne au cours des dernières années, le secteur n'a pas connu de bulle mais plutôt une correction des prix. Ces derniers se sont alignés sur les prix observés à l'échelle régionale et internationale.
Cependant, après s'être apprécié rapidement ces dernières années, menant les prix à des niveaux record inaccessibles à une bonne partie des résidents, le marché a récemment connu une appréciation plus légère des prix et devrait évoluer de manière plus modérée à moyen terme, ajoute Bank Audi.
En effet, si les besoins de logements pour les résidents et les expatriés, soutenus par des tendances démographiques favorables, devraient continuer d'alimenter la hausse des prix, l'évolution de la demande des résidents reste le principal déterminant de la dynamique des prix à court et moyen terme. En effet, si les acquéreurs vivant au Liban trouveront nécessaire d'attendre quelques mois pour s'adapter au niveau actuel des prix, et ajourneront en conséquence leurs achats de biens immobiliers, les prix fonciers pourront plus ou moins se stabiliser dans les mois à venir. D'autant plus que la demande locale représente une part conséquente de la demande immobilière au Liban.
En effet, selon le rapport, cette dernière est subdivisée en trois catégories d'acquéreurs : les résidents qui représentent la moitié du marché, suivis des expatriés qui représentent 40 à 45 % de la demande, et enfin les Arabes, dont la part, en hausse constante, s'élève à près de 10 %. Cette dernière a connu un essor particulier, à la faveur de la stabilité politico-sécuritaire dont jouit le pays depuis les accords de Doha en mai 2008, indique le rapport.
Analyse SWOT
Le rapport se félicite, par ailleurs, de la résilience du secteur immobilier face à la crise mondiale et des performances solides enregistrées en dépit des divers chocs externes et internes. Du côté de la demande, les ventes immobilières ont augmenté de 19,5 % en moyenne par an entre 2004 et 2009, et ont plus que doublé au cours des cinq premiers mois de l'année, indique ainsi le rapport.
Du côté de l'offre, les permis de construire, qui avaient augmenté de 9,4 % par an au cours des cinq dernières années, ont bondi de 53,7 % au cours des cinq premiers mois de 2010.
Dans son rapport, Bank Audi a enfin analysé les points forts et les faiblesses du marché immobilier libanais, usant pour cela du modèle anglo-saxon SWOT (Strengths, Weeknesses, Opportunities, Threats).
Au niveau des points forts, le rapport indique que le marché est propice aux investissements, notamment en l'absence de taxe sur la plus-value immobilière.
Quant aux faiblesses, le rapport met en avant la volatilité de la situation politico-sécuritaire qui risque de nuire au secteur, en cas de dégradation, ainsi que le décalage entre la qualité des logements disponibles sur le marché et le pouvoir d'achat des résidents libanais. En outre, Bank Audi souligne le fait que les coûts de construction et des matières premières sont sujets aux fluctuations du marché international.
Au niveau des opportunités, le rapport évoque la demande croissante des expatriés et les tendances démographiques stables qui continueront de contribuer au développement de l'activité immobilière, ainsi que l'augmentation des prêts logement, soutenue par des taux d'intérêt plus bas que jamais. À ce sujet spécifiquement, le rapport indique que les prêts destinés à l'achat d'un logement, mêmes s'ils ne représentent toujours que 2,5 % du total des actifs des banques commerciales, ont largement augmenté au cours de la dernière période, atteignant récemment 3,1 milliards de dollars.
Enfin, au niveau des menaces, le rapport met en avant l'émergence de nouvelles tensions sur les plans politique et sécuritaire qui pourraient affecter négativement la demande des expatriés et des résidents du Golfe. Le rapport souligne toutefois que la probabilité de réalisation de ce scénario demeure faible.

