Le chef de l’État a vivement dénoncé la distribution des tracts antichrétiens dans l’est de Saïda, exigeant que les criminels soient sanctionnés. Photo Ibrahim Tawil
Michel Sleiman a également indiqué au cours de son intervention que le gouvernement va régler le problème des nominations administratives « dans les plus brefs délais », sur base du mécanisme adopté en Conseil des ministres et grâce aux préparatifs agencés par le ministère d'État chargé de la Réforme administrative.
De son côté, le Premier ministre a évoqué l'incident d'Ouzaï (lire en page 4) et la descente des forces de l'ordre au sein d'un groupe de Soudanais, estimant que c'est une « faute inacceptable » et que le gouvernement est extrêmement attaché aux droits de l'homme et à la sécurité de tous ceux qui résident sur le sol libanais. « Le gouvernement s'oppose aux arrestations arbitraires quelles qu'elles soient et nous œuvrons, par le truchement d'une commission ministérielle, afin de mettre sur pied un plan global destiné à régler le problème des ressortissants étrangers en situation irrégulière », a dit Saad Hariri, qui a exigé que soit sanctionné tout membre des forces de l'ordre ayant violé la loi dans l'exercice de ses fonctions.
Une surprise néanmoins : le ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, Hassan Mneimné, n'a pas évoqué devant ses collègues le résultat de ses négociations avec les enseignants du secondaire. En réalité, le Conseil des ministres n'a abordé ni de près ni de loin la question, probablement en raison du mandat accordé au Premier ministre à ce niveau. Selon des sources ministérielles, Saad Hariri « n'acceptera de donner aux enseignants que 3 ou 4 échelons ; voilà pourquoi le dialogue stagne totalement ».
Le ministre Mneimné avait, avant la séance, indiqué que la solution médiane était d'accorder 3.5 ou 4 échelons, se demandant si la correction des épreuves officielles devrait dépendre d'un échelon en plus ou en moins... Le ministre de l'Agriculture, Hussein Hajj Hassan, a prévu un règlement prochain, et son collègue du Travail, Boutros Harb, a rappelé que même si les enseignants sont dans leur droit, les capacités de l'État sont « limitées ».
En ce qui concerne l'ordre du jour, les discussions ont été axées sur l'accord de coopération judiciaire signé avec le gouvernement français, concernant notamment les taxes liées aux téléphones fixes des juges. Il y a eu débat sur quelques points liés au secret bancaire, jugés « flous » par Boutros Harb. Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, s'est employé à rassurer tout le monde, assurant que le secret bancaire n'est pas menacé. Une commission ministérielle a été formée pour régler la question ; une autre, présidée par Élias Murr, planchera sur les communications auxquelles les juges ont droit. Il s'est répété à ce sujet que le Conseil des ministres aurait décidé d'exempter les juges des taxes téléphoniques...
Signalons que le ministre d'État Michel Pharaon a demandé pendant la séance à son collègue des Télécoms Gebran Bassil comment il peut à la fois être au four et au moulin concernant la loi sur le pétrole, entre le projet de loi au Conseil des ministres et la proposition de loi au Parlement. Gebran Bassil a déploré la lenteur en Conseil des ministres (il dit avoir présenté son projet il y a trois mois), mais a promis qu'il privilégierait in fine le gouvernement.
Michel Pharaon s'est également opposé au projet visant à la construction de bâtiments administratifs dans le quartier de Sahet el-Abed, jugeant que cela doit rester une zone verte, sans oublier qu'il est toujours possible d'y assurer un mégaparking.

