Parti en exil en 2003, après sa destitution, cheikh Khaled mène campagne, notamment sur Internet, pour défendre son droit à la succession, multipliant les messages sur son propre site et sur le réseau social Facebook. Mais les portraits de cheikh Saoud ornent les rues de cet émirat de 300 000 habitants et des banderoles proclament la « fidélité au prince héritier ». Ras al-Khaïmah, qui n'a pas de pétrole, a connu sous l'autorité de cheikh Saoud un développement industriel, avec des usines pharmaceutiques, de céramique et de ciment. Pourtant, cheikh Khaled, récemment rentré aux Émirats, ne semble pas désarmer : ses partisans ont mis sur la Toile des vidéos de ce qui semble être des manifestations de soutien à Ras al-Khaïmah et des images le montrant en compagnie de responsables américains, dont la secrétaire d'État Hillary Clinton. Une campagne favorable à cheikh Khaled, confiée à des agences de relations publiques américaines, présente Ras al-Khaïmah comme « un État voyou » dont la zone franche serait utilisée par l'Iran pour « contourner les sanctions » internationales. Même el-Qaëda se serait servi de l'émirat pour planifier des attentats à Dubaï, selon les promoteurs de cette campagne. Mais pour un diplomate occidental, « l'argument de l'Iran et de l'islamisme n'est pas plus pertinent pour Ras al-Khaïmah que pour d'autres points » de la région. Interrogé par l'AFP, le diplomate a minimisé l'impact de la crise sur la stabilité de Ras al-Khaïmah. « Cheikh Saoud tient bien la situation depuis longtemps et il semble qu'il y a un consensus à Abou Dhabi et Dubaï pour le maintenir. La fédération n'a pas intérêt à raviver des querelles de palais, qui déstabiliseraient l'ensemble du pays et pourraient susciter des velléités chez d'autres », a-t-il déclaré. Également interrogées par l'AFP, les autorités fédérales n'ont pas souhaité commenter ces informations. Mais certains observateurs écartent une intervention des autorités fédérales en faveur de cheikh Khaled, comme Neil Patrick, expert dans les affaires du Golfe, qui rappelle qu'Abou Dhabi « avait joué un rôle interventionniste par le passé » lors de crises dans d'autres petits émirats.
Moyen Orient et Monde - Émirats Arabes Unis
Sourde lutte pour le pouvoir à Ras al-Khaïmah
OLJ / le 17 juin 2010 à 00h41
Parti en exil en 2003, après sa destitution, cheikh Khaled mène campagne, notamment sur Internet, pour défendre son droit à la succession, multipliant les messages sur son propre site et sur le réseau social Facebook. Mais les portraits de cheikh Saoud ornent les rues de cet émirat de 300 000 habitants et des banderoles proclament la « fidélité au prince héritier ». Ras al-Khaïmah, qui n'a pas de pétrole, a connu sous l'autorité de cheikh Saoud un développement industriel, avec des usines pharmaceutiques, de céramique et de ciment. Pourtant, cheikh Khaled, récemment rentré aux Émirats, ne semble pas désarmer : ses partisans ont mis sur la Toile des vidéos de ce qui semble être des manifestations de soutien à Ras al-Khaïmah et des images le montrant en compagnie de responsables américains, dont la secrétaire d'État Hillary Clinton. Une campagne favorable à cheikh Khaled, confiée à des agences de relations publiques américaines, présente Ras al-Khaïmah comme « un État voyou » dont la zone franche serait utilisée par l'Iran pour « contourner les sanctions » internationales. Même el-Qaëda se serait servi de l'émirat pour planifier des attentats à Dubaï, selon les promoteurs de cette campagne. Mais pour un diplomate occidental, « l'argument de l'Iran et de l'islamisme n'est pas plus pertinent pour Ras al-Khaïmah que pour d'autres points » de la région. Interrogé par l'AFP, le diplomate a minimisé l'impact de la crise sur la stabilité de Ras al-Khaïmah. « Cheikh Saoud tient bien la situation depuis longtemps et il semble qu'il y a un consensus à Abou Dhabi et Dubaï pour le maintenir. La fédération n'a pas intérêt à raviver des querelles de palais, qui déstabiliseraient l'ensemble du pays et pourraient susciter des velléités chez d'autres », a-t-il déclaré. Également interrogées par l'AFP, les autorités fédérales n'ont pas souhaité commenter ces informations. Mais certains observateurs écartent une intervention des autorités fédérales en faveur de cheikh Khaled, comme Neil Patrick, expert dans les affaires du Golfe, qui rappelle qu'Abou Dhabi « avait joué un rôle interventionniste par le passé » lors de crises dans d'autres petits émirats.

