À Damas, d'abord, où se rendra demain mardi le chef de l'État pour le premier sommet libano-syrien depuis les récents rebondissements régionaux : flottille de la liberté, sanctions contre l'Iran (et l'assourdissant silence syrien à ce sujet), etc. Michel Sleiman et Bachar el-Assad évoqueront naturellement les relations bilatérales, notamment ces accords bilatéraux qu'il est indispensable d'assainir et d'amender et sur lesquels ont planché tout ce week-end les deux parties, et sur le devenir de plus en plus inutile du Haut Conseil mixte. Les deux hommes aborderont également les menaces israéliennes répétées contre le Liban, ainsi que l'avenir de la coopération entre le Liban, la Syrie, la Jordanie et la Turquie.
À Paris, ensuite, où, après les discussions axées sur l'aide militaire française au Liban entre le ministre de la Défense Élias Murr et les responsables français, est arrivé très tôt ce matin le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, invité officiellement par Nicolas Sarkozy, visiblement soucieux de la situation et du devenir des chrétiens au Proche-Orient en général et au Liban en particulier. Mgr Sfeir qui sera très minutieusement entendu et écouté, non seulement par le locataire de l'Élysée, mais par un grand nombre de responsables français, et qui répétera sans doute ce que l'assemblée des évêques maronites a conclu ce week-end, à savoir l'urgence pour l'État et ses institutions de se montrer plus efficaces (budget, nominations, etc.).
Les antiennes du maître de Bkerké, le chef des Forces libanaises Samir Geagea les a faites siennes ces deux derniers jours au Caire, surtout dans le cadre de son entretien scruté de toutes parts et qui a duré plus longtemps que prévu avec le raïs égyptien, Hosni Moubarak. Samir Geagea qui a exigé à partir de la capitale égyptienne (et ce n'est pas anodin...) que la défense du Liban soit entre les seules mains du gouvernement Siniora. Il est à noter que l'on attend dès jeudi l'arrivée du Premier ministre égyptien Ahmad Nazif à Beyrouth ; il y coprésidera avec Saad Hariri les réunions du comité économique mixte. Il ne manquera pas non plus de s'informer des résultats du sommet de Damas et écoutera sans aucun doute les dirigeants libanais qui tenteront, on ne sait jamais, d'adoucir l'âpreté des relations syro-égyptiennes...
À Beyrouth justement, la diplomatie devra nécessairement être de mise entre 14 et 8 Mars - un 8 Mars qui continue jour après jour de se déchaîner contre la décision du Liban qui s'est abstenu lors du vote la semaine dernière à New York des sanctions contre l'Iran. Des sources proches de la majorité citées par l'agence al-Markaziya craignent à ce sujet que le feu des critiques des prosyriens/iraniens ne pave la voie à un 7 mai 2008 bis, destiné pour le camp du 8 Mars « à ramener les choses dans le droit chemin », cette fois au niveau régional, surtout après que les hommes liges de Téhéran aient échoué par deux fois : au sujet de l'accord signé entre l'ambassade US et les FSI, et au sujet des 11 milliards de dollars évoqués par Nabih Berry dans le débat budgétaire. On notera cependant une certaine volonté de la part du Hezbollah, par le truchement du ministre de l'Agriculture Hussein Hajj Hassan, de rassurer sur l'après-sanction contre l'Iran, affirmant que le statu quo positif restera de mise...
Plusieurs occasions se présenteront ces quelques jours aux deux parties : le Conseil des ministres cet après-midi, la séance plénière au Parlement demain mardi (où siégera très probablement le nouveau député haririen de Minié-Denniyé Kazem Kheir), et, surtout, le nouveau round du dialogue prévu jeudi 17 au palais de Baabda, et qui se tiendra sans aucun doute à la date prévue grâce à la détermination pratiquement affichée de Michel Sleiman, et malgré l'absence de deux des protagonistes qui se trouveront en principe à l'étranger : Fouad Siniora et Samir Geagea.
Une semaine chargée donc, où la ferveur footballistique du Mondial a de fortes chances soit d'adoucir les mœurs dans une communion très sportive, soit d'exacerber davantage les passions...
Z.M.

