La grave crise entre la Libye et la Suisse avait éclaté après l'arrestation musclée en juillet 2008 à Genève de Hannibal Kadhafi, fils du dirigeant libyen, et de son épouse, accusés de maltraitance par leurs deux domestiques. Max Göldi et un autre homme d'affaires suisse, Rachid Hamdani, avaient été arrêtés en juillet 2008 en représailles à cette arrestation. M. Hamdani a pu quitter la Libye le 23 février dernier, tandis que M. Göldi a purgé une peine de quatre mois de prison pour « séjour illégal » en Libye avant d'être libéré jeudi.
Le « plan d'action », signé également par l'Espagne et l'Allemagne en tant que garantes, stipule la constitution d'un « tribunal d'arbitrage » pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation de Hannibal Kadhafi. Ce « tribunal d'arbitrage », qui se tiendra à Berlin, a déjà fait l'objet d'un accord entre Tripoli et Berne, mais les deux pays ne s'étaient pas entendus jusque-là sur son application. Selon ce plan, la Suisse exprime par ailleurs ses « excuses » après la « publication illégale » des photos d'identité de Hannibal Kadhafi au moment de son arrestation. Berne s'engage aussi à poursuivre en justice les responsables de cette fuite. Selon le chef de la diplomatie libyenne, Moussa Koussa, la justice suisse « a donné raison à Hannibal et décidé une indemnisation de près de 1,5 million d'euros » pour la fuite des photos prises par la police lors de son arrestation et le montrant mal rasé, hirsute et l'air hagard.
Après l'arrestation de ses deux ressortissants, la Confédération helvétique avait décidé en 2009 de restreindre pour l'élite libyenne l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen - dont elle est membre associé -, impliquant ainsi l'Union européenne dans le contentieux. Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et finalement une médiation de Bruxelles. La Libye avait déjà pris en 2008 des mesures de rétorsion à l'encontre de Berne, retirant ses avoirs des banques suisses et expulsant les sociétés helvétiques installées en Libye, outre l'annonce de l'arrêt de ses exportations de pétrole vers la Confédération. Tripoli a fini par annoncer en mars un « embargo économique total » sur la Suisse et Mouammar Kadhafi est allé jusqu'à appeler au jihad contre ce pays, après l'interdiction de la construction de minarets dans la Confédération helvétique.


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