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Cinema- - Entre Parenthèses

« Bend it like Beckham »

Il était dans le coin de la chambre depuis longtemps. Très longtemps. Attendant son tour. Il avait pourtant eu son heure de gloire, accompagné les plus beaux instants de la vie du jeune homme. Petit, il avait la peau très tendre, parfois même transparente. Ce qui ne lui a pas permis de résister aux intempéries. Il avait même un autre nom.
« Chéri as-tu acheté les ballons pour l'anniversaire du petit », criait la maman. Oui, c'était un joli ballon de multiples couleurs. Mais il savait que sa vie était éphémère et que ses jours étaient comptés. Aussitôt les bougies soufflées, les bambins couraient pour le décrocher et le dégonfler. Mais bah ! Tant pis, puisque ça faisait leur bonheur. Un peu de sacrifice ne fait pas de mal. Au contraire, il éprouvait beaucoup de joie à en donner. Par ailleurs, il savait bien que son espèce proliférait et qu'elle ne serait jamais en extinction.
Aujourd'hui, recroquevillé dans son coin, personne ne le regardait. Envolés ces rêves d'enfant de devenir athlète, champion, performant. Le jeune homme avait pourtant lu tellement de magazines, accroché tellement de posters dans sa chambre. S'était même entraîné. La peau du ballon est devenue plus dure. On l'appelle aujourd'hui la balle. Il a pris plus de rondeurs. On lui donne parfois des coups de pied et il se retrouve coincé dans un filet. Parfois on le lance en l'air pour qu'il tombe dans un autre filet, appelé panier. Sur certains terrains, une bande d'acharnés se l'arrachent, le serrent contre leur torse et s'envolent avec dans une direction inconnue.
Le ballon continue à ravir le cœur des petits et grands. Ça les fait sourire, même hurler. Il y a des milliers de personnes assis dans les gradins qui viennent le voir. Le ballon est la star, non les sportifs. D'ailleurs beaucoup de cinéastes se sont intéressés à son sort. En 2006, Douglas Gordan avait fait un Portrait du XXIe siècle en la personne de Zidane et, en 2008, Emir Kusturica lui a donné le visage de Maradona. Il avait même suscité l'ire des fans dans À mort l'arbitre de Jean-Pierre Mocky en 1984 et devenu Ballon d'or dans un dessin animé de Cheik Doukouré en 1993. Alors pourquoi aujourd'hui tant de négligence envers cette balle si célèbre ? C'est que le ballon attend en fait son heure. À quand le Mondial, dites-vous ?
Il était dans le coin de la chambre depuis longtemps. Très longtemps. Attendant son tour. Il avait pourtant eu son heure de gloire, accompagné les plus beaux instants de la vie du jeune homme. Petit, il avait la peau très tendre, parfois même transparente. Ce qui ne lui a pas permis de résister aux intempéries. Il avait même un autre nom. « Chéri as-tu acheté les ballons pour l'anniversaire du petit », criait la maman. Oui, c'était un joli ballon de multiples couleurs. Mais il savait que sa vie était éphémère et que ses jours étaient comptés. Aussitôt les bougies soufflées, les bambins couraient pour le décrocher et le dégonfler. Mais bah ! Tant pis, puisque ça...
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