Les motifs diplomatiques qui se cachent derrière cette accélération, durant les dernières 72 heures, du processus qui doit déboucher sur les sanctions contre Téhéran, ne sont toujours pas clairs - surtout après la signature par l'Iran d'un accord avec la Turquie et le Brésil prévoyant l'échange en Turquie de 1 200 kilos d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5 %) contre 120 kilos de combustible enrichi à 20 % fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire à finalité médicale.
Mais, quoi qu'il en soit, le Liban se dirigerait vers une abstention, selon des sources responsables. Une position qui sera loin de satisfaire les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine. C'est en vain d'ailleurs que plus d'un pays a tenté de modifier la position officielle du Liban durant les dernières heures. Mais ces tentatives ont cédé la place à une certaine compréhension compte tenu de l'extrême précarité du pays sur le plan de la stabilité et de la sécurité, sans oublier que toutes les parties sont représentées au sein du gouvernement d'union nationale. Ces mêmes sources responsables précisent d'ailleurs que l'Iran et ses alliés locaux souhaitent que le Liban vote contre le projet.
Elles ajoutent que les grandes puissances auraient pu donner une chance à l'accord conclu avec le Brésil et la Turquie, ce qui aurait permis d'éviter la dernière réaction négative du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lequel menace de ne plus discuter de son programme nucléaire si son pays est de nouveau sanctionné. Ainsi, selon les sources diplomatiques libanaises précitées, le timing des sanctions contre l'Iran serait inopportun en raison des tensions qui prévalent dans la région et qui pourraient déboucher sur une explosion militaire généralisée, même si toutes les grandes puissances écartent une telle hypothèse, du moins jusqu'en automne prochain, chacune pour une raison différente.

