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Économie - Liban - Étude

L’absence de réformes réduirait le PIB de 4,3 % à long terme

En collaboration avec l'Université Saint-Joseph (USJ) et le groupe d'assurances Allianz-SNA, le Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL) a tenu hier une conférence de presse pour dévoiler les résultats d'une étude qui porte sur l'impact des réformes socio-économiques sur les principaux indicateurs économiques nationaux.

« Nous espérons que ce modèle de partenariat entre le secteur privé et le monde académique servira à encourager d'autres initiatives », a souligné d'emblée hier le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL), au cours d'une conférence de presse organisée pour présenter les résultats d'une étude portant sur les réformes économiques et sociales, et leur impact sur les différentes composantes du produit intérieur brut (PIB). Un souhait confirmé par le recteur de l'USJ, le père René Chamussy, qui a insisté sur l'importance de la recherche académique mise au service de la réalité économique et non seulement au service de « l'académique pur et dur », a-t-il indiqué.
L'étude, menée conjointement par le RDCL et l'USJ, et financée par le groupe Allianz-SNA, est basée sur des données de l'année 2003 et les recommandations de la conférence d'aide au Liban Paris III. Elle prévoit des effets qui vont jusqu'à 2040. « La singularité de cette étude est qu'elle n'est pas statique, car elle prend en considération les changements continuels de l'économie », a tenu à préciser Rock-Antoine Mehanna, professeur et responsable de l'équipe de recherche de la faculté de sciences économiques de l'USJ qui a été chargée de mener cette enquête.
Dans les détails, l'étude qui porte sur cinq scénarios de réforme (dont un scénario qui illustre l'absence de réformes), montre qu'il y a urgence d'appliquer des transformations autant au niveau fiscal que sur le plan infrastructurel, notamment dans le contexte actuel de stabilité politique, afin de renforcer l'immunité du Liban face aux divers chocs internes et externes potentiels.
Le premier scénario, baptisé scénario du « statu quo », a pour objectif de mettre en évidence les conséquences socio-économiques « désastreuses » qui surviendraient si aucune réforme n'était appliquée. Ces conséquences concernent autant le taux de chômage que le pouvoir d'achat des ménages, l'investissement, les exportations et la dette publique. Il révèle notamment qu'en l'absence de toute réforme, le PIB reculerait de 4,3 % à long terme.
Le deuxième scénario, qui préconise des ajustements fiscaux et structurels, suppose une réduction de 50 % de la dette publique, qui représente aujourd'hui 148 % du PIB. Ce scénario prévoit notamment une augmentation de l'investissement et des dépenses publiques dans les domaines de l'éducation et de la santé si toutefois le service de la dette est réduit.
Le troisième scénario prévoit, quant à lui, des réformes qui stimulent directement la croissance, telles que l'amélioration de la gouvernance, l'assainissement de l'environnement commercial, la libéralisation des échanges, etc.
Quant au quatrième scénario de réforme, il est axé sur des améliorations sociales, et a pour objectif de réduire le niveau de pauvreté et d'améliorer la qualité des services de santé, d'éducation et de protection sociale afin de stimuler l'emploi et d'obtenir des gains de productivité à long terme.
Le dernier scénario consiste enfin à adopter des mesures de privatisation, notamment dans les secteurs des télécoms, de l'énergie, de la gérance des aéroports et des ports. À ce propos, Rock-Antoine Mehanna a souligné qu'une privatisation d'un secteur n'impliquerait pas nécessairement une « vente » totale de tout le secteur, mais une partie des sous-secteurs qui lui sont propres. Il a ainsi donné l'exemple du secteur de l'électricité où il juge important de laisser à l'État le soin de la production, et de privatiser les segments de distribution et de collecte.
Pour ce qui a trait aux résultats, l'étude montre que les scénarios qui bénéficieraient le plus à l'économie libanaise sont le scénario des ajustements fiscaux et structurels (scénario n° 2) et celui des réformes qui stimulent directement la croissance (scénario n° 3). Le cas de figure le plus « catastrophique », selon les membres de l'équipe de recherche, est celui dans lequel l'économie libanaise se trouve actuellement, à savoir : le statu quo ou l'absence de réformes (voir tableau).
Le professeur Mehanna a également insisté sur la nécessité de séparer le politique de l'économique si toutefois ces réformes venaient à voir le jour. L'équipe de recherche a également suggéré la formation d'une unité indépendante de réformes économiques qui aurait pour but de coordonner les efforts de différents ministères en matière de réformes (une unité basée sur le modèle chinois). Enfin, l'étude préconise une supervision internationale des réformes pour garantir un maximum de transparence et de responsabilité.
« Nous espérons que ce modèle de partenariat entre le secteur privé et le monde académique servira à encourager d'autres initiatives », a souligné d'emblée hier le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL), au cours d'une conférence de presse organisée pour présenter les résultats d'une étude portant sur les réformes économiques et sociales, et leur impact sur les différentes composantes du produit intérieur brut (PIB). Un souhait confirmé par le recteur de l'USJ, le père René Chamussy, qui a insisté sur l'importance de la recherche académique mise au service de la réalité économique et non seulement au...
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