« Après quatre décennies au service de l'Amérique, Jim est un des professionnels du renseignement les plus expérimentés et les plus respectés du pays », a déclaré M. Obama à la presse, en présentant M. Clapper, ancien général de l'Air Force qui dirigeait depuis 2007 l'Agence de renseignement de défense. Nommé par George W. Bush et confirmé par un Sénat démocrate, il était à ce poste le principal conseiller pour le renseignement du secrétaire à la Défense Robert Gates, lui aussi un ancien de l'administration Bush. « Il possède une qualité que je privilégie chez tous mes conseillers : une volonté de dire aux responsables ce qu'ils ont besoin de savoir, même si ce n'est pas ce qu'ils veulent entendre », a ajouté M. Obama, en rappelant que ses décisions quotidiennes « dépendent » d'un renseignement fort. Le président américain a estimé que la carrière de M. Clapper, qui a notamment dirigé à partir de septembre 2001 l'Agence de renseignement géospatiale (NGA) qui fournit des données sous forme de cartes et d'images à l'armée américaine, lui avait permis de « développer une compréhension approfondie de notre système humain et technique de recueil d'informations ».
James Clapper est volontiers surnommé par les médias américains « le parrain du renseignement humain ». Ce type de stratégie privilégie un renseignement qui repose sur une palette de moyens, allant de la diplomatie à l'espionnage par satellite ou l'interception de communications.
Alors que le renseignement américain a été sérieusement secoué pour n'avoir pas su prévoir les tentatives d'attentats dans un avion américain à Noël puis sur Times Square, à New York le 1er mai, le président a reconnu que le travail de M. Clapper s'annonçait comme « une tâche ardue ». « Il a mon entière confiance et mon soutien total », a-t-il insisté. Mais M. Clapper va prendre les rênes d'une institution qui n'a jamais réussi à trouver sa place dans la nébuleuse du renseignement américain, historiquement dominé par la CIA. À la tête d'un réseau tentaculaire de 16 administrations employant quelque 200 000 personnes, le directeur du renseignement n'a paradoxalement jamais bénéficié d'une autorité directe sur les membres et le budget des différents services. Et le contentieux entre M. Blair et Leon Panetta, le directeur de la CIA, a été tranché par la Maison-Blanche en faveur de ce dernier.
Le président américain a demandé aux sénateurs de ne pas faire de cette nomination « la victime du traditionnel jeu politique à Washington ».

