« Nous, les participants à la jirga de la paix, appelons toutes les parties impliquées dans cette guerre à mettre fin au bain de sang », a déclaré Qiamuddin Kashaf, le vice-président de cette assemblée de dignitaires. Le vice-président a ajouté que les 1 600 représentants des tribus et de la société civile demandaient au gouvernement de mettre en place une commission dotée d'une « large base » représentant toutes les tendances dans le pays et chargée de conduire les efforts de paix avec les talibans. « Pour la mise en œuvre du processus de paix et la mise en œuvre des décisions de la jirga, une commission investie d'une forte autorité, une choura (conseil) de la paix, doit être établie », a déclaré M. Kashaf. Ce conseil ou commission doit être composé « de personnalités honnêtes », chefs tribaux, députés et membres de l'insurrection qui ont renoncé à la violence. « Cette choura doit s'occuper des problèmes des prisonniers, de leur libération et de leur réintégration » dans la vie civile, a-t-il précisé.
Dans la matinée, Maulavi Sidiwullah, l'un des représentants de la jirga, avait évoqué des « pourparlers de paix, qui devraient se dérouler dans un pays musulman comme l'Arabie saoudite ou la Turquie » sous l'égide de cette commission.
La jirga de paix, qui n'a qu'un rôle consultatif, avait été convoquée par le président Hamid Karzaï dans le cadre de ses tentatives d'ouvrir des négociations avec les talibans. Mais ces insurgés islamistes, dont les kamikazes ont lancé mercredi une attaque manquée à l'ouverture de la jirga, avaient boycotté l'assemblée, la qualifiant d'« outil de propagande des forces d'occupation ». Les talibans répètent à l'envi qu'ils ne dialogueront pas avant un retrait total des troupes internationales et ils ont, ces deux dernières années, considérablement intensifié leur insurrection.
Le texte final ne fait pas en revanche mention de la demande de plusieurs représentants d'une « légalisation » de la présence des forces internationales en Afghanistan. Dans la matinée, les 28 chefs de groupes de travail avaient annoncé à la tribune les résultats de leur réflexion et avaient prôné de facto l'élaboration d'un document décrivant les conditions et les limites de la présence de l'OTAN en Afghanistan.
La jirga demande également au gouvernement et aux talibans de ne pas imposer de conditions préalables à des négociations de paix, aux forces internationales de libérer « en signe de bonne volonté » les Afghans détenus « sur la foi de fausses informations », et le retrait des noms des talibans des listes noires de l'ONU.

