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Liban

Le cardinal Sfeir à Chypre, à la rencontre du pape

Le patriarche Sfeir entouré des membres de la délégation qui l’accompagne à Chypre. Photo Émile Eid


Le chef de l'Église maronite, le patriarche Nasrallah Sfeir, est arrivé hier à Chypre, à la rencontre de son frère dans l'épiscopat, le pape Benoît XVI, qui doit lui remettre dimanche, ainsi qu'à ses pairs des Églises orientales catholiques, le texte d'un « document de travail » (Intrumentum laboris), qui doit orienter les travaux de l'assemblée spéciale du synode des évêques qui sera consacré, en octobre prochain, aux situations délicates, difficiles, de la plupart des Églises orientales.
L'arrivée du patriarche à Chypre a provoqué une explosion de joie parmi les maronites de Chypre, une communauté de déplacés, depuis 1974, date de scission de l'île. Près de 90 % des maronites de Chypre, au nombre d'environ 6 000, vivent en effet loin de leurs villages, situés dans la zone sous contrôle turc dans l'île.
Accueilli dans l'église Notre-Dame du Liban, à Nicosie, le patriarche, accompagné d'une vingtaine d'évêques maronites, dont les trois évêques de Syrie, a attentivement écouté de brèves allocutions de Mgr Joseph Soueif, évêque maronite de Chypre, et du député maronite de Chypre, Anthony Hajji Rousso, lui souhaitant la bienvenue au milieu de son petit troupeau, mais lui faisant part de l'attente des fidèles languissants après leurs villages, aux noms aussi chantants qu'amusants.
Les voyages des patriarches catholiques du Moyen-Orient et du pape sont des « voyages croisés », dont le clou sera la remise de l'Instrument de travail du synode pour le Moyen-Orient, a fait observer le porte-parole du Saint-Siège, P. Federico Lombardi.
Du reste, pour beaucoup, dont le pape et le patriarche Sfeir, ce sera le premier voyage pastoral à Chypre, qui fut la « première étape » des voyages apostoliques de saint Paul.
Pourquoi à Chypre ? La question, qui est sur toutes les lèvres, n'a pas de réponse unique. Il y a de la diplomatie là-dessous, et surtout la merveilleuse occasion, pour le pape, de faire d'une pierre deux coups et, en remettant le texte de l'Instrumentum laboris en « terrain neutre », d'effectuer une démarche œcuménique significative.
Le pape arrive à Chypre à l'invitation de l'archevêque orthodoxe Chrysostomos, des autorités de l'île et de la petite communauté catholique. Certains membres de la hiérarchie de l'Église orthodoxe de Chypre avec, à leur tête, le métropolite de Limassol, Mgr Athanase, ont déconseillé au pape d'effectuer le voyage, mais Chrysostomos II a réagi durement à ces attaques et déclaré que celui qui s'oppose à la visite du pape doit choisir entre l'accueillir ou rester tranquillement chez lui.
Pour en revenir au programme du patriarche maronite et de ses pairs orientaux, attendus ces deux jours à Chypre, il prévoit une rencontre aujourd'hui à Paphos, point d'arrivée du pape qui y présidera une célébration œcuménique, une rencontre avec la communauté catholique de Chypre, dans le terrain de jeux de l'école primaire Saint-Maron, à Nicosie, et enfin la célébration eucharistique en plein air de dimanche, au centre sportif Elefteria, à Nicosie.
Le document sera remis en quatre langues, anglais, français, italien et arabe, aux membres du conseil présynodal composé des sept patriarches du Moyen-Orient et des trois chefs des départements du Vatican (dicastères) spécialement impliqués dans la préparation (Unité des chrétiens, Églises orientales, Dialogue interreligieux).
Outre les Églises du Moyen-Orient arabe, le synode engage les Églises en Turquie et en Iran, ainsi que l'Église de tradition syriaque de l'Inde. Il est à peine besoin de souligner les immenses défis lancés aux chrétiens d'un monde arabe traversé de tensions multiformes, religieuses, économiques, militaires, culturelles. La situation des chrétiens d'Irak est, à cet égard, emblématique. Il est bien évident que ces défis, les chrétiens du Moyen-Orient ne peuvent les relever qu'avec l'aide des gouvernements et des communautés musulmanes de leurs pays respectifs. Pourront-ils, ensemble, peser sur le cours de leur histoire, et la changer ? Dans quelles conditions ? À quel prix ? C'est à de telles questions, aussi graves que précises, que le synode d'octobre prochain devra répondre.

Le chef de l'Église maronite, le patriarche Nasrallah Sfeir, est arrivé hier à Chypre, à la rencontre de son frère dans l'épiscopat, le pape Benoît XVI, qui doit lui remettre dimanche, ainsi qu'à ses pairs des Églises orientales catholiques, le texte d'un « document de travail » (Intrumentum laboris), qui doit orienter les travaux de l'assemblée spéciale du synode des évêques qui sera consacré, en octobre prochain, aux situations délicates, difficiles, de la plupart des Églises orientales.L'arrivée du patriarche à Chypre a provoqué une explosion de joie parmi les maronites de Chypre, une communauté de déplacés, depuis 1974, date de scission de l'île....
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