Malgré une petite forme, le Serbe Novak Djokovic, un habitué des grands chelems, se retrouve une fois de plus à la porte des demi-finale, à condition de passer par l’Autrichien Meltzer. Boris Horvat/AFP
« Il faut compter sur Novak, il sait ce que c'est de gagner un grand chelem. Depuis trois ou quatre ans, il est extrêmement régulier sur terre battue et il est déjà allé en demi-finale ici », en 2007 et 2008, prévient Roger Federer.
Sauf que jusque-là, Djokovic n'a rien fait pour alimenter son statut de poil-à-gratter n° 1 du duo infernal. Il a perdu un set, toujours le deuxième, dans trois de ses quatre matches face à des joueurs de deuxième plan. Contre Robby Ginepri, 98e mondial, on l'a même parfois cru au bord de l'abandon hier, tellement il semblait sans jus et asphyxié dès le premier set.
« Pourquoi, voulez-vous toujours tout peindre en noir ? J'ai gagné le match, non ? » s'est faussement offusqué le Serbe qui sait bien que sa réputation de comédien a dépassé les frontières depuis longtemps.
En dehors des courts, le « Djoker » peut se montrer très drôle. Roi des soirées des joueurs, il s'est fait un nom - et quelques ennemis - en imitant ces collègues Nadal, Roddick ou Sharapova.
Djokovic dans le rôle de... Shakira
Son dernier exploit à faire chauffer les moteurs de recherche sur Internet ? Une parodie burlesque du clip Gipsy interprété pour de vrai par le duo Shakira-Nadal, et pour de faux par Djokovic (dans le rôle de la chanteuse colombienne!) et son compère Victor Troicki, un autre joueur serbe.
« Que voulez-vous? C'est Novak, il veut toujours être le plus drôle, la star et faire son show. Connaissant Nadal, je ne suis pas certain qu'il apprécie énormément cette vidéo », a rapporté le joueur espagnol Fernando Verdasco.
« J'ai entendu qu'il avait déjà vu des choses plus drôles de ma part, a reconnu Djokovic. Parfois je ne me rends pas compte, mais avec Viktor, on est très fiers, on s'est vraiment appliqués. On a tout donné. »
Comique à la ville, Djokovic est également réputé pour faire son cinéma sur les courts où il apparaît parfois à l'article de la mort avant de ressusciter spectaculairement. Là, les collègues trouvent ça beaucoup moins drôle.
Reste que le Serbe semble avoir un réel problème, une allergie au pollen et à la poussière qui lui empoisonne ses printemps, particulièrement cette année. « Ça n'a jamais été aussi grave », relate-t-il. Patraque à Monte-Carlo, contraint à l'abandon à Belgrade, forfait à Madrid, il est arrivé à Paris dans ses petits souliers, et ses premiers matches sans relief le confirment.
Lui préfère la « positive attitude », maintenant que son allergie s'est calmée. « Je suis en forme, et si je continue sur la lancée de mes deux derniers sets contre Ginepri, j'aurai ma chance contre tout le monde dans ce tournoi », a-t-il lancé hier en pensant très fort à Nadal, sans doute sur sa route en demi-finale, à condition de passer d'abord l'obstacle Jürgen Melzer demain.

