« J'étais insouciant comme tous les joueurs qui vivaient un moment important (de leur carrière), a déclaré Michel Platini, qui portait alors le maillot turinois. En tant que président de l'UEFA, je promets que l'une de mes priorités sera de m'assurer qu'une telle tragédie ne se reproduira plus jamais. »
« Mais nous avions joué ce match dans le noir le plus total. Je me souviens encore de cette rencontre aujourd'hui et je ne peux pas l'oublier », a-t-il ajouté.
Le 29 mai 1985, lors de la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, devenue Ligue des champions, 39 personnes, majoritairement des supporteurs de la Juventus, avaient trouvé la mort à la suite d'un mouvement de foule provoqué par des hooligans de Liverpool.
Environ 600 personnes avaient été également blessées. Le match, maintenu pour éviter que la situation n'empire, avait été remporté 1-0 par les Turinois.
À Liverpool, 39 carillons - comme le nombre de morts au Heysel - ont retenti à l'hôtel de ville pour rendre hommage aux supporteurs tués il y a 25 ans. Et les drapeaux ont été mis en berne sur tous les bâtiments du FC Liverpool alors que son directeur général Christian Purslow se trouvait à Turin pour assister à la messe commémorative. Des supporteurs des deux clubs ont aussi participé à une rencontre sur un terrain du club anglais en signe de réconciliation.
À Turin, le nouveau président de la Juve, Andrea Agnelli, a aussi évoqué ses souvenirs de la tragédie : « J'avais neuf ans et j'étais devant la télévision. J'avais vu le visage inquiet de mes parents mais je n'avais pas compris (ce qui se passait). Mais ils ne pouvaient non plus me l'expliquer. »
« En grandissant, ma compréhension (de l'événement) a mûri. J'ai toujours eu du mal à apprécier cette victoire. Maintenant, nous devons nous assurer que les générations futures auront des stades sûrs, pour que le football puisse être vécu dans la joie et la sérénité », a-t-il ajouté.
Les familles des victimes et le directeur général de Liverpool ont également assisté à la cérémonie au siège de la Juventus à Turin.
À la suite de ce drame, les clubs anglais ont été privés de compétitions européennes pendant cinq ans, Liverpool pendant six ans.

